Archive for août, 2009

Une photo, une histoire #2 : Une chicha et un café

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Un nouveau post de la série Une photo, une histoire.

Contexte : Un matin tôt dans une ruelle de la médina de Tunis. Du côté droit de la ruelle, quelques chaises sur lesquelles sont assis les clients d’un café. La ruelle est si étroite qu’il est impossible de mettre une rangée de chaises en face, les clients seraient alors prêts à se toucher. A quelques mètres des clients, je viens d’essayer de prendre en photo un vendeur de poulets de ferme encore vifs.

Fumeur de chicha a Tunis

Fumeur de chicha a Tunis

Le soleil commence à monter, il est entre 10 et 11h. Je viens d’essuyer un refus de la part du vendeur de poulet et j’ai envie d’un café. Je m’assois sur une des 5-6 chaises rangées le long d’un des deux murs qui délimite l’étroite ruelle.

- S’bal kheir (Bonjour)

- S’bal kheir

- Tu viens d’essayer de le prendre en photo ? Il n’a pas voulu ? Me demandent de concert le serveur et fumeur de chicha en ricanant gentiment. Tous deux doivent avoir sensiblement le même age, ils s’approchent de la soixantaine ou peut-être l’ont ils déjà dépassée.

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Written by fabdany

août 18th, 2009 at 10:24

Une photo, une histoire #1 : Un chien star de cinéma

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Voici le premier post d’une série intitulée Une photo, une histoire. Cette série associera une photo de voyage et le récit de la genèse du cliché.

Contexte : Il est 8h du matin à la Goulette, un des ports de Tunis. Je m’assois à la terrasse clairsemée d’un café en échangeant un salut avec l’homme assis à la table voisine. Il a âge un peu indéfinissable. Son corps est sec et vif, l’action du soleil tunisien et de l’air marin conjugués ont fait vieillir son visage prématurement. Il doit avoir entre quarante et cinquante ans.

portrait d'un chien et de son propriétaire

Portrait d'un chien et de son propriétaire

- «S’bal kheir (Bonjour),
- S’bal kheir. »

Quelques minutes après, le serveur arrive.

- « S’bal kheir (Bonjour),

- S’bal kheir.

- Un café s’il vous plait, Expresso. »

Le serveur s’en va puis ramène une tasse et une grande coupe d’eau. Je sucre puis commence a boire mon café.

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Written by fabdany

août 17th, 2009 at 11:59

Nomade et vagabond

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Quand on ne se sent chez soi nulle part. Si on n’a pas l’impression d’avoir un endroit qui soit sa maison. Quand la seule appartenance qu’on revendique est celle à l’humanité. Choisir une vie de voyageur nomade et vagabond est sûrement la meilleure chose à faire. Peu importe le prix à payer pour la liberté.

Written by fabdany

août 12th, 2009 at 4:07

1, 2, 3 Mondes ?

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1, 2, 3 Mondes ?

Un tunisien “d’en bas” rencontré dans un parc m’a dit au détour d’une conversation : « Nous sommes le troisième monde, vous êtes le premier », d’un air extrêmement désolé pour lui et pour son pays. Il s’exprimait en français, qui n’est pas sa langue maternelle. Cette déformation de l’expression “Tiers-Monde” m’a interpellé.

A la base, il me semble que le tiers-monde désignait les pays non-alignés1; les pays qui n’étaient ni du côté des communiste, ni avec les capitalistes. Par extension et par assimilation, c’est maintenant un moyen de désigner les pays pauvres. Mais dans la bouche de ce jeune père, j’ai senti la deception de ne pas être dans la course pour le bien-être. Lui disait qu’il travaillait pour manger ; pas pour s’acheter une maison, pas pour ses loisirs, mais pour manger. Dans sa bouche, l’expression “troisième monde” m’a vraiment fait penser à une competition entre les pays du monde, une compétition qui a besoin de vainqueurs et de vaincus.

Je ne pense pas qu’il y ait un,deux, trois mondes. En fait, il n’y en a qu’un, et nous sommes tous interdépendants.

Quelques jours plus tard, je me promenais sur le site antique de Carthage, en compagnie de “hordes” de touristes entre deux transferts en autobus privés, accompagnés de leur guide. C’est alors qu’un lien s’est fait entre la vision des groupes de touristes et la phrase que j’avais entendue : “Nous sommes le troisième monde, vous êtes le premier”. C’est bien parce que les occidentaux ont besoin de vacances pas chères qu’ils partent chercher le soleil en Tunisie par exemple. Les pays comme la Tunisie ont besoin de devises pour développer leur economie. Pourvu de longues côtes maritimes, d’une relative sécurité et de main d’oeuvre pas chère, le pays a commencé à developper le tourisme comme source de devises. Aujourd’hui, la Tunisie est assez développée pour accueillir des prestations de services intellectuelles “near shore”, pour des entreprises majoritairement francaises (puisque quasiment tout le monde parle français ici). Comme dans de nombreux cas d’anciennes colonies, une domination économique subsiste. L’ex-métropole a toujours un pouvoir économique certain sur son protectorat. C’est, à mon humble avis, le schéma du “troisième monde” tel qu’il existe aujourd’hui. Ce schéma semble adapté à un certain nombre de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie.

Je me demande qui serait le « deuxième monde ».

La réponse m’a été en partie donnée en parlant de l’Iran avec plusieurs personnes rencontrées dans les souks. Depuis la presidence d’Ahmadinejad, j’ai eu l’occasion de voyager dans plusieurs pays musulmans dits “du tiers-monde”. Bien souvent, l’Iran apparait comme le héros des classes populaires dans le monde arabe. Précisement parce que l’Iran se dresse contre les américains et semble être un des seuls pays à résister à la pression. D’autres pays pourraient etre rajoutés à cette liste du deuxième monde : le Venezuela et Cuba.

Notre vision du monde étant toujours très relative, on nous présente l’Iran, le Venezuela ou Cuba comme des pays dont les gouvernements sont des monstres. Ce qui n’est pas tout a fait faux non plus. Mais il faut reconnaitre qu’ils font partie des rares pays à se dresser contre l’impérialisme américain.

En tant que voyageur et humaniste, ce qui me gêne avec cette vision de trois mondes en compétition, c’est qu’on verra toujours des vainqueurs et des vaincus dans un combat pour la plus grande richesse, pour le pouvoir.

Tous les hommes font partie du même monde. La compétition est vaine puisqu’elle se fait toujours au détriment d’un autre. Meme si cette règle semble exister dans le monde depuis très longtemps, un autre modèle existe pourtant.

Pour une societé donnée, deux comportements opposés cohabitent : la societe cherche à la fois a faire survivre tous ses membres, mais aussi à se préserver de la destruction totale en se battant avec son voisin. En des temps très reculés, on assistait donc à des guerres entre deux peuplades voisines qui se battaient pour les ressources afin qu’un des deux peuples survive. C’est toujours le cas aujourd’hui, sauf que tout est devenu beaucoup plus complexe. Les niveaux d’interdépendance entre sociétés et grands ensembles regionaux, culturels sont de plus en plus imbriqués. Cultures occidentales, musulmanes, asiatiques, guerres de religions, guerres pour les ressources naturelles….

Et pendant ce temps, la majorité du monde continue à vouloir consommer de l’inutile, des fausses sandales Prada, des sacs Louis Vuitton ou de l’Abercrombie&Fitch. Nous n’avons pourtant besoin que de nous vêtir, de nous chausser et de nous nourrir, non ? L’étiquette reste pourtant importante pour montrer sa position sociale, malheureusement pour la Pachamama2.

Les perspectives ne sont pas très engageantes. Sauf peut-être si on réussit à considérer que nous sommes tous partie du même monde et que nous devons nous connaitre et nous accepter pour faire face a une menace plus grande encore : la disparition des ressources naturelles sur toute la planète

Je ne pensais pas arriver a cette conclusion en commencant ce billet. J’ai vu de la publicité à Paris pour la fondation de Nicolas Hulot, il faudrait que j’aille lire ce qu’il propose.. ;-)

1- a moins que ma memoire ne me fasse defaut, j’irais verifier plus tard et mettrais ce post a jour si besoin

2La terre nourriciere dans la conception du monde de plusieurs cultures latino-americaines.

Written by fabdany

août 11th, 2009 at 4:07

Comment s'amuser a l'aéroport ?

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J’ai trouvé un moyen simple et sans danger pour rire intérieurement au passage des contrôles. Les controles aeroportuaires sont de plus en plus stricts et de plus en plus stupides selon moi. J’aime bien faire marcher le commerce, alors j’essaie de donner un peu de travail à tous ceux qui sont chargés de me donner l’impression que je suis en sécurité.

Donc la recette pour rigoler au moment du passage des contrôles :

  • S’assurer de n’avoir rien de répréhensible dans ses affaires (la partie de rigolade pourrait se transformer en une perte sèche ou de vrais emmerdements)
  • Mettre beaucoup de cables dans ses affaires (chargeur téléphone, PC…)
  • Rouler une serviette bien serrée la fait ressembler à une bouteille aux rayons X (la paire de tongs a aussi provoqué quelques émois).
  • Avec un peu de chance, vous aurez également quelques objets aux formes bizarres, qui rappellent la forme d’un contenant pour produits liquides.
  • Pour les hommes, se laisser pousser la barbe. L’equivalent pour les femmes serait de se voiler la tête, je pense.
  • Laisser agir un instant les préjugés des préposés aux contrôles.

Résultat : je commence par être fouillé au corps avant qu’on ne demande à ouvrir mon sac. C’est encore plus drôle si le préposé au contrôle prend son rôle très au sérieux. Il commence par ouvrir avec fébrilité le sac en se disant qu’il va peut-être devenir le héros de la journée.
Même s’il n’est pas très doux avec vos affaires, il faut garder son calme et demander poliment : « Que cherchez-vous exactement ? Quelle forme avez-vous vu à l’ecran ? »
Mais la personne en face est toujours aussi fébrile et veut continuer à dépouiller votre sac, à mettre les mains dans vos slips.
C’est alors que je demande « qu’est ce que vous cherchez qui ressemble a une bombe ? Je peux vous le montrer tout de suite si vous me dites ce que vous cherchez »

  • Une grande bouteille
  • Pas de bouteille dans mon sac
  • ET CA ?
  • C’est une serviette, enroulée sur elle-meme
  • Ahhhh…. Ca ressemblait à une bouteille a l’ecran
  • … (WTF?!!?)

Merci Monsieur, au revoir.

Bon d’accord, on s’amuse comme on peut quand on voyage tout seul. Mon ordinateur portable n’a même pas ete vérifié. Est-ce que j’aurais pu y passer une bombe si j’étais un terroriste ? Peut-être.

La technique a été éprouvée plusieurs fois en faisant varier les parametres. Sans barbe et bien propre sur soi, pas de contrôle. En mode voyageur pas trop propre et avec tout le matériel photo, contrôle. Si en plus tu as l’air d’un musulman, jackpot, contrôles à tous les étages.
La technique du detournement d’attention fonctionnera toujours quand il s’agit de passer un contrôle, quel qu’il soit….

La sécurité n’est qu’un sentiment ; un sentiment qui se développe parce que nous sommes soumis a de plus en plus de contrôles.
Mais qui assure la sécurité de ma vie privée quand un inconnu fouille dans mon sac ?

Written by fabdany

août 7th, 2009 at 4:08

Voyages en solitaire

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Voyager en solitaire, ce n’est pas voyager seul. Bien au contraire. C’est en partant seul qu’on se confronte à l’autre. L’autre en face de soi, mais aussi l’Autre en soi. Après trois semaines seul en Italie et en Grèce, je dois reconnaitre que j’ai rarement fait autant de rencontres en si peu de temps. Et ces rencontres ont un certain charme. Le voyageur et son hote savent que leur temps ensemble est compté, puisque le voyageur va devoir repartir. On se lie plus vite d’amitié dans ces conditions. Après trois jours passés avec mes hôtes grecs, j’ai eu l’impression de trouver une nouvelle famille en Grèce. Comme si je revoyais des cousins et cousines perdues de vue depuis de nombreuses années. Quelques heures passées à discuter dans un parc avec un Kashmiri suffisent pour blaguer en broken english comme de vieux amis. Et chaque nouvelle parole échangée avec quelqu’un dans la rue peut ouvrir de nouveaux horizons, une invitation à découvrir un coin de campagne ignoré des touristes mais prisé des locaux.

Le voyage en solitaire est peut-être aussi la meilleure facon de rentrer en contact avec une culture différente. Quand on voyage seul, les uniques repères culturels que l’on a sont dans sa tête. Pas de compagnon de route avec qui on parle des nouvelles du pays, dans sa langue maternelle. Voyager seul, c’est être face-à-face avec tous ces étrangers chez qui on a mis les pieds. Et ce faisant, on devient l’étranger. Celui qui suscite la curiosite et parfois la méfiance. Celui qui ne sait pas la langue locale et qui doit essayer de se faire comprendre, parfois juste en utilisant les gestes ou le regard. Etre l’etranger et voyager seul est une situation qui procure un avantage immense: on peut absorber la culture qui nous entoure car le moindre detail inconnu peut sauter aux yeux. Un comportement banal pour un local se transforme en curiosité pour l’oeil de l’étranger qui débarque. Une construction déjà vue mille fois par un local est une nouveauté pour l’étranger.

Le voyage du solitaire a aussi l’avantage de procurer des moments de réflexion et de repli sur soi. Aux prises avec l’inconnu ou le méconnu, l’esprit travaille differemment. La curiosité est ainsi aiguisee. Finalement, le voyage en solitaire est comparable la vie, qui est un autre cheminement solitaire. Quoiqu’il puisse se passer, on est toujours seul avec nous-memes, finalement.

Je pense que vous aurez deja compris que le voyage en solitaire est celui que je préfère. Pas seulement parce qu’il donne la possibilité de connaitre de nouveaux horizons, mais aussi parce qu’il me procure la tranquillité nécessaire pour prendre les clichés que je veux ensuite partager avec tous ceux qui sont curieux d’ailleurs.

Written by fabdany

août 5th, 2009 at 9:22