Archive for septembre, 2009
Les femmes iraniennes
Fin avril 2008 entrait en vigueur le nouveau code vestimentaire en Iran, qui a conduit à l’arrestation de 150 000 femmes dont le hejab n’était pas « conforme ». Quasiment toutes ont été relachées après avoir signé une reconnaissance d’infraction et des excuses formelles. Encore une nouvelle triste pour les défenseurs des droits de la femme, mais il ne faut pas oublier non plus que la répression de la population est un fait cyclique en Iran ; un cycle qui se reproduit chaque fois que le régime se sent menacé. Les répressions ne touchent alors pas que les femmes mais les hommes également. Ces répressions visent à rappeler à la population qui s’éloigne de la révolution islamique voulue par Khomeyni et dont l’esprit est aujourd’hui perpétué par Ahmadinejad. Les Femmes sont toujours visées pour leur hejab. Pour les hommes, cela change : aux débuts de la révolution, les chemises manches courtes et les cravates ; il y a quelques années, à l’époque de Khatami, c’étaient les systèmes sonores dans les voitures qui diffusaient de la musique occidentale, et cette fois-ci, ce sont les coupes de cheveux à l’occidentale et l’épilation des sourcils pour les hommes qui sont visés.
Pour mieux comprendre les nouvelles régulières concernant la condition des femmes qui nous arrivent d’Iran, il faut d’abord se représenter qui sont les femmes iraniennes.
Les composantes militaires en Iran

Brigade Cosaque Persane, début XXe s.
Les forces armées ont toujours joué un rôle important en Iran, depuis l’unification de l’Iran sous les Safavides et leurs Qizilbash. Pour la société iranienne, le XIXème siècle marque le passage des armées tribales à une armée nationale sur le modèle occidental de l’époque, avec l’aide de divers conseillers européens. La révolution constitutionnelle, et la fin de l’époque Qajare au début du XXème siècle voient intervenir la Brigade cosaque persane, les South Persia rifles menés par Sir Percy Sykes, la formation de la gendarmerie, etc. Depuis la chute de la dynastie Qajare en 1925, sous l’action de l’armée menée par Reza Khan —qui deviendra Reza Shah Pahlavi— l’armée joue un rôle important dans la société iranienne. C’est lors de cette même année que sera instauré le service militaire obligatoire. Depuis 2005, un ancien commandant Pasdaran, Mahmoud Ahmadinejad, occupe le poste de président de la République. Comment se sont formées les forces armées de l’Iran d’aujourd’hui et quel est leur place dans la société ?
La démographie iranienne
La démographie iranienne a été complètement bouleversée au cours du XXe siècle. La population est estimée à 70 millions en 2006 alors qu’elle était de 10 millions au début de ce siècle. La répartition géographique de la population a aussi connu un bouleversement : les urbains formaient environ 10% de la population iranienne au début du XXe siècle, ils sont 67% en 2006.
L’Iran est une mosaïque de plus de 80 « ethnies » différentes. Les deux origines principales sont indo-européennes ou turques (Azéris). La majorité des Iraniens parlent une langue du groupe indo-iranien (perse, kurde, baloutchi…) et ils comprennent le persan, la langue officielle de l’Iran.
Les dessous du programme nucléaire iranien
Sur un blog que je tenais précédemment, j’avais entamé une série que j’avais appelé « L’Iran pour les nuls« , visant à présenter certains aspects oubliés par les médias, méconnus du grand public. Je reprends désormais cette série sur ce blog. Il va avoir une première salve d’articles divers et variés, parfois un peu datés. Puis, les nouveaux articles de cette série paraitront dans la catégorie L’Iran pour les nuls.
L’introduction de l’atome en Iran s’est faite en 1957, dans le cadre du programme « Atomes pour la Paix » initié par les États-Unis. Comment ce programme initié par les États-Unis est-il devenu un moyen de pression près de 50 ans plus tard ?
Le rôle du guide de la révolution en Iran
Les actualités nous parlent souvent de Mahmoud Ahmadinejad, le président de la république islamique d’Iran. Son discours et ses intentions sont reproduites par tous les medias, mais il ne dirige pas vraiment le pays, il n’est qu’un instrument du guide de la révolution (Rahbar-e enqelāb), ou plutôt l’équivalent de son premier ministre. Dans un tel contexte, il m’apparait intéressant de rappeler quel est le rôle exact du Guide de la révolution tel que défini par la constitution iranienne de 1979, révisée en 1989.
Le Guide de la Révolution est le premier personnage du régime en Iran. Il est aussi appelé Valiye Faqih (« Gardien de la jurisprudence »), une dénomination dérivée du concept de Velāyat-e faqih qui sous-tend son pouvoir (Ce concept a été théorisé par Khomeini dès les années 1960 et prône le gouvernement des religieux).
Ce poste, actuellement occupé par Ali Khamenei depuis la mort de Khomeini, a été créé par la constitution de 1979, et il représente la plus haute autorité politique et religieuse du pays. Le terme Guide suprême (Rahbare Moazzam) est utilisé en signe de respect mais ne figure pas dans la constitution.
Désigné par l’Assemblée des experts pour une durée indéterminée (potentiellement à vie). Il est égal aux autres citoyens devant la loi. Il peut être l’objet d’une procédure de destitution par l’Assemblée des experts, si celle-ci estime qu’il n’est plus apte à remplir ses fonctions. Dans ce cas et en attendant la présentation d’un nouveau guide par l’Assemblée des experts, un conseil composé du Président de la République, du Chef du pouvoir judiciaire et d’un des jurisconsultes religieux du Conseil des Gardiens, assume provisoirement toutes les attributions du Guide.
Les attributions du Guide sont les suivantes :
- Il détermine la direction politique générale du pays après consultation du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime. il arbitre les conflits entre pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
- Supervision de l’exécution des politiques du régime.
- Il peut décider du référendum, obligatoire pour toute révision constitutionnelle, facultatif pour toute législation importante – économique, politique ou culturelle.
- Il est également le Chef des armées, c’est à lui que revient la responsabilité de déclarer la guerre ou la paix.
- Il nomme, révoque ou accepte :
- le chef du conseil des gardiens,
- le directeur de la radio et de la télévision de la République Islamique d’Iran,
- les commandants des forces armées,
- la plus haute autorité du pouvoir judiciaire, lequel nomme à son tour le Procureur général et le chef de la Cour Suprême.
- les membres du Conseil des gardiens de la constitution, organe de contrôle législatif.
- les commandant en chef du Corps des Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran)
- il résout les problèmes entre les trois branches des forces armées.
- il résout les problèmes qui ne peuvent pas l’être par les voies habituelles,
- il signe les décrets formalisant l’élection du président de la république d’Iran.
- il peut démettre le président de la république de ses fonctions, après que la cour suprême ait reconnu ce dernier de violation de ses devoirs constitutionnels, ou après un vote du Parlement témoignant de son incapacité sur la base du principe 89 de la constitution.
- il peut pardonner ou réduire les peines des condamnées, dans la cadre de la loi islamique ou sur recommandation du chef du pouvoir judiciaire.
Il est également l’Imam en charge de la prière du vendredi à Téhéran, ce qui lui donne une occasion hebdomadaire de donner ses consignes politiques ou morales à l’ensemble des iraniens. Cependant, ces prières sont de moins en moins suivies depuis les premières années de la révolution ; témoignant de la désaffection des iraniens pour les questions religieuses.
Le Guide de la révolution, en la personne d’Alli Khamenei arbitre donc toutes les querelles qui peuvent avoir lieu entre les différentes factions politiques en Iran. C’est souvent à lui que revient le dernier mot pour de nombreuses décisions, en politique intérieure comme en politique extérieure. On ne l’entend que rarement dans les medias occidentaux, mais c’est bien lui qui « tire les ficelles » et détermine les actions à mener pour maintenir en vie le régime iranien.
Une photo, une histoire#9 : Prises de vues interdites
Contexte : Sur les quais de la Goulette, le port de Tunis. Les pêcheurs rentrent à terre à l’aube après une sortie en mer.
Arrivé à Tunis depuis quelques jours déjà, je décidai d’aller au port tôt un matin pour y prendre des photos du retour de la pêche. Je me levai alors à 5h et me mettai en route vers le port de la Goulette avec mes appareils. Après m’être fait , déposer là où embarquent les passagers des ferrys en partance pour la France ou l’Italie, je trouve assez rapidement la direction du port de pêche. J’arrive sur le quai principal d’où déchargent les bâteaux qui reviennent d’une nuit en mer au même moment que certains acheteurs dans leurs camionnettes réfrigérées.
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Une photo, une histoire #8 : L'immolation pour Saint Thaddée
Contexte : Pendant le pèlerinage arménien en l’honneur de Saint-Thaddée, à mi-chemin entre l’église-monastère et le village d’éleveurs voisins, en bordure d’une petite rivière.
Le pèlerinage en l’honneur de Saint Thaddée suivi par la communauté arménienne d’Iran battait son plein depuis l’aube du jour précédent. En ce jeudi matin de juillet, j’avais décidé d’aller prendre des clichés du site du pèlerinage depuis les crêtes des montagnes qui ensserrent ce monastère du bout du monde. Vers 8h30, j’entamais la redescente vers les pèlerins. 600 mètres de dénivelé et quelques kilomètres plus bas, je rejoindrais les pélerins. Je me rappelle avoir pensé,pendant la descente : « Peut-être surprendrais-je quelques lève-tard en train de finir leur petit déjeuner ? ».
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Une photo, une histoire #7 : Une défaite au backgammon
Contexte : Une maison de thé tenue par des émigrés de Turquie d’origine Kurde, dans le 10ème arrondissement de Paris.
J’aime me promener dans le petit quartier turc de Paris, coincé entre trois rues à proximité de la mairie du Xème arrondissement. C’est dans cette zone que se trouvent concentrés la plupart des commerces tenus par des turcs, dont la clientèle est majoritairement originaire de Turquie. Souvent de l’est de la Turquie, et d’origine Kurde (mais il ne faut pas le dire trop fort, ça pose certains problèmes d’identité, de politique…)
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Une photo, une histoire #6 : L'authentique Mozzarella
Contexte : Place du Duomo, a Florence, fin juillet 2009.
En ces jours de grève du lait, j’ai essayé de trouver une photo qui pouvait se rapprocher de l’actualité. Je n’ai pas couvert la grève du lait française ni ailleurs en Europe qui se déroule depuis quelques temps. En revanche, je me suis retrouvé par hasard au milieu d’une manifestation de producteurs laitiers à Florence (Italie), à la fin du mois de juillet cette année.
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Une photo, une histoire #5 : Un maté parmi les icebergs
Contexte : Une croisière sur le lago Argentino, au sud de la Patagonie, en bordure de la frontiere chilienne. Juillet 2007, en plein hiver austral.
Le réveil avait sonné tôt ce matin-là. Il fallait se mettre en route pour arriver jusqu’à l’embarcadère, où nous prendrions un bateau pour une bonne journée de croisière sur le Lago Argentino. J’étais avec mon frère depuis une quinzaine de jours, et nous étions au terme d’une descente de l’Argentine, depuis Cordoba jusqu’aux glaciers de Patagonie.
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