Archive for février, 2010

1 Photo, 1 Histoire#24 : Les oliviers d’Athènes

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Contexte : sur le Parthénon, le temple des Caryatides.

Pour cette histoire, je mixe la grande et la petite. Alors que j’étais à Athènes au mois de décembre, on me racontait l’histoire légendaire de la fondation d’Athènes.

Alors que nous étions en train de faire un tour d’Athènes by-night, j’apprenais la légende qui donnait son nom à la ville d’Athènes, depuis la colline du Lycabète, qui offre une jolie vue sur le Parthénon.

Alors que le village qui allait devenir Athènes venait d’être fondé, la déesse Athéna et Poséidon voulait tous deux prendre la ville sous leur protection, puisque le Destin avait décidé qu’elle deviendrait la ville la plus puissante et la plus prospère de toute la Grèce. Les deux dieux s’opposaient sur cette protection, et même Zeus ne réussit pas à les mettre d’accord. Athéna proposa de laisser décider les habitants de la ville. Le peuple se réunit donc sur l’Acropole et déciderait en fonction du cadeau que chacun des Dieux allait offrir à la ville. Poséidon donna un cheval et Athéna donna un olivier.

Un ancien, représentant le peuple d’Athènes, prit la parole et dit que les deux cadeaux étaient dignes d’être acceptés. Cependant, le cheval représentait la puissance acquise par la guerre alors que l’olivier représentait la richesse acquise par la terre et la paix. Parce que le résultat de la guerre était plus incertain, et parce que la paix apportait des richesses jugées plus durables, les athéniens choisirent l’olivier, don d’Athéna, qui donne ainsi son nom à la ville d’Athènes.

C’est ainsi que l’olivier devint le symbole d’Athènes. Quand je me promenais sur le Parthénon, quelques jours après avoir entendu cette histoire, je  trouvais que cette image d’un olivier poussant au flanc du temple des Caryatides représentait bien l’Athènes éternelle, propriété du peuple grec autant que du monde occidental.

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février 28th, 2010 at 11:10

Coucher de soleil a Key West

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Il n’y a pas beaucoup d’activites à Key West. De l’aveu même de ses promoteurs. Les plages ne sont pas terribles et peu nombreuses. Une des activités les plus pratiquées est de se saouler sur Duval Street, que ce soit dans un bar où Ernest Hemingway avait l’habitude de faire de même ou bien dans les nombreux autres. Mais l’activité numéro un est de regarder le coucher de soleil depuis un quai qui donne plein ouest. Pour mon dernier soir dans les Keys, j’y suis allé pour voir ce show. Les touristes s’agglutinent sur une petite place bordée d’un quai donnant sur l’océan Atlantique.

Voila ce que donnait le coucher de soleil ce vendredi 27 février 2010.

Coucher de soleil à Key West

Coucher de soleil à Key West

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février 27th, 2010 at 7:06

Des limites arbitraires

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Il est assez amusant (pour ne pas dire triste) de constater les limites arbitraires que se construisent les gens autour de leur monde. Pour certains, les limites sont celles de l’étendue du monde connu. Pour d’autres, les limites sont beaucoup plus proches, autour du quartier, de la province ou du pays.

Je pense à cela car quand j’ai annoncé il y a deux jours que j’étais français dans un parc national des keys, on m’a répondu : « Oh, you’re one of them ! » (sous-entendu : vous êtes un de ces étrangers !). La dame qui m’a répondu ça était embêtée parce que son système de création de clients dans sa base de données ne permettait pas vraiment de créer un nouveau client ayant une adresse hors des Etats-Unis. Je n’ose même pas imaginer quelle aurait été sa réaction si ‘avais donné une adresse à Kaboul ou en Irak…

Pour illustrer ces limites arbitraires, voici une photo de la borne marquant le point le plus au sud de la métropole US, à Key West. Vous pourrez remarquer que la borne annonce aussi que Cuba est à 90 miles (soit 150 kilomètres), mais que depuis 50 ans, il n’y a plus de relations officielles entre Cuba et les US. Encore une question de limites arbitraires (et de politiques, mais c’est une autre histoire).

Southernmost Point in Key West, Florida

Southernmost Point in Key West, Florida

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février 26th, 2010 at 10:31

Un Paradis bientôt perdu

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Je suis en ce moment dans les keys, une floppée d’îlots coralliens s’étendant sur près de 200 kilomètres sous la pointe sud de la Floride, en train de réaliser un reportage sur les effets de l’élévation du niveau des mers.

Les paysages sont paradisiaques et attirent des milliers d’américains qui viennent y passer l’hier ou la retraite. Malheureusement pour eux, ce paradis est en train de disparaitre avec la montée des eaux. Certains estimations donnent 20 ans, d’autres 50 ou 80 ans, mais l’activité humaine et le réchauffement climatique vont faire couler ces ilots dont l’altitude ne dépasse pas 5 mètres.

Pour vous donner une idée de ce que j’entends par paradis, voici une photo de l’endroit où j’ai pris mon petit déjeuner ce matin.

Plage du John Pennekamp Coral Reef State Park

Plage du John Pennekamp Coral Reef State Park

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février 23rd, 2010 at 5:10

1 Photo, 1 Histoire #23 : Leçon de drague à l’iranienne

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Contexte : Passage Qaem, un centre commercial du nord de Téhéran.

En Iran, la vie est différente. Pas seulement parce que la culture est différente, mais aussi parce que la loi règlemente des affaires privées auxquelles les législateurs des autres pays n’auraient pas pensé. Il est, entre autres, interdit de fréquenter une personne du sexe opposé avec qui on n’est pas marié ou avec qui on n’a pas de liens filiaux. Alors comment font les gens pour se rencontrer et se marier me demanderez-vous ?

La solution traditionnelle, c’est de laisser les familles s’arranger entre elles. Cette solution a de moins en moins court. Sinon, comme dans tous les pays du monde, les garçons et les filles se rencontrent, se connaissent et finissent par avoir une relation amoureuse. Certes. Mais la loi iranienne oblige à des contorsions et des techniques de contournement tout à fait spéciales. Puisqu’il est difficile pour un garçon et une fille de s’aborder dans l’espace public quand ils ne se connaissent pas, les rencontres se font en plusieurs étapes.

Les centres commerciaux et les food courts où se retrouvent la jeunesse dorée de Téhéran servent de théatre à ce ballet des sentiments. Des groupes de filles et de garçons déambulent en faisant du lèche-vitrine et se croisent et se recroisent. Des regards et des sourires s’échangent. Au bout d’un moment, on peut voir un jeune homme tendre une carte de visite à une demoiselle qui lui plait. Ou l’inverse. Ils pourront ainsi se contacter par téléphone ou par messagerie instantanée et faire plus ample connaissance. S’ils se plaisent, ils pourront alors décider de sortir dans un des cafés ou petits restaurants discrets, à l’abri des regards inquisiteurs des représentants de la loi.

Le ballet des jeunes filles et des jeunes hommes était tel que je l’ai vu ce jour-là au passage Qaem, un centre commercial du quartier de Tajrish, au nord de Téhéran. Observer le ballet depuis les claires voies ouvertes d’un étage à un autre me permettait de mieux observer le manège, qui devenait évident. Un autre jour, le même genre de scène se déroulait devant mes yeux, mais je n’ai pas pu le conserver en images. Une voiture de jeunes hommes était prise dans les embouteillages à côté d’une voiture de jeunes filles. Il faisait chaud, les fenêtres étaient ouvertes et le trafic vraiment bloqué. Les garçons entamèrent donc la conversation sans quitter leurs sièges, jusqu’au moment ou le conducteur passait son bras par la fenêtre pour tendre un bout de papier, sur lequel il avait sûrement griffoné son numéro de téléphone, à la passagère de la voiture voisine.

Peu importe les barrières imposées par la loi, l’Homme pourra toujours trouver un moyen de les contourner s’il doit le faire.

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février 21st, 2010 at 7:00

Soumission au concours SFR-Polka

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J’ai soumis quelques unes de mes photos au concours SFR-Polka 2010 sur le thème de la vérité par l’image, dont le jury est Mr Marc Riboud. La vérité que j’ai choisi de montrer dans ce concours, c’est celle de la vie des exilés afghans en Grèce. Voici ma soumission :

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février 12th, 2010 at 1:25

1 Photo, 1 Histoire #22 : quand le marché se termine

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Contexte : à la tombée de la nuit, le marché hebdomadaire se termine dans les rues d’un quartier populaire d’Athènes.

Le dernier billet de cette série était consacré aux migrants afghans faisant leurs achats sur un marché d’un quartier populaire du centre d’Athènes. Quand le marché se termine, à la tombée de la nuit, la routine des achats prend fin et une autre se met en place : la récupération des invendus.

Les exilés afghans qui habitent à Athènes sont dans une situation économique extrêmement difficile. Certaines familles ont épuisé leurs économies en voyageant depuis l’Afghanistan jusqu’ici. Le paiement des passeurs et de la nourriture depuis leur départ ont fait fondre le pécule qu’ils avaient constitué pour venir en Europe. Même si d’autres familles gardent de l’argent de côté pour payer les prochains passages vers l’Europe du Nord, les exilés afghans sont obligés de vivre d’expédients pendant tout leur séjour à Athènes.  Les hommes trouvent parfois une journée de travail au noir dans le bâtiment ou l’agriculture en se rassemblant à un endroit où les patrons grecs viendront chercher la main d’oeuvre nécessaire. Les salaires sont très bas, les patrons pas toujours honnêtes. Les dépenses en Euros sont lourdes pour des gens qui ont épargné en Afghanis. Les institutions caritatives sont peu nombreuses en Grèce (l’église orthodoxe n’est pas vraiment reconnue pour sa pratique de la charité, d’après plusieurs grecs). De sorte que la récupération des invendus sur le marché, la récupération d’ordures pour revente d’objets d’occasion sont devenus une source de nourriture et de revenus pour de nombreuses familles afghanes exilées à Athènes.

Un samedi de décembre, je venais voir ce marché après les injonctions de plusieurs afghans avec qui j’avais discuté. Ils avaient vu ce phénomène à la fin du marché. Ils ne comprenaient pas pourquoi les gens devenaient obligés de récupérer des fruits et légumes invendables pour manger. D’après ce que j’ai pu comprendre par mes échanges avec eux, les afghans semblent partager une culture où il faut récolter les fruits de son travail et ne pas rester inactif. Parce que la Grèce n’offre aucune solution à ces exilés, ils survivent dans la débrouille, en attendant les papiers ou le départ vers un autre pays d’accueil. Pendant la journée, des afghans faisaient des achats. Quand le marché se termine, ce sont les familles sans le sou qui investissent la rue, discrètement, pour trier les invendus qui pourraient encore être consommables. Je revenais sur mes pas après avoir remonté toute la rue dans laquelle s’était tenu le marché. Pendant la demi-heure de marche que j’avais à faire avant de revenir sur mes pas, le soleil se coucha. Alors que la nuit s’installait et que les employés municipaux s’employaient à effacer les traces de ce marché, j’aperçus une mère et sa fille de sept ou huit ans marcher devant moi. Je restais derrière elles pour observer leur façon d’opérer. C’est tout à fait semblable aux scènes que l’on peut voir après le marché sous les voies du métro du côté de la station Barbès. Sauf que cette fois-ci, une enfant était en train de ramasser quelques tomates ou quelques oranges pour les mettre dans un sac en plastique. Je pris quelques photos de cette petite fille et sa mère pendant quelques minutes, alors que les machines municipales de nettoyage éclairaient la chaussée devant elles.

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février 8th, 2010 at 1:15

Une photo, une histoire #21 : Un avant gout d’Afghanistan

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Contexte : Un marché hebdomadaire d’un quartier populaire du centre d’Athènes.

Les Afghans dAthènes font principalement leurs courses au marché, bien moins cher que les magasins grecs.

Les Afghans d'Athènes font principalement leurs courses au marché, où les prix sont bien moins élevés que dans les magasins grecs.

Le samedi, c’est jour de marché dans le quartier du centre d’Athènes qui accueille la plupart des migrants. Depuis quelques jours que j’étais arrivé dans la capitale grecque, plusieurs afghans m’avaient dit que je devrais aller dans ce marché du samedi si je voulais voir beaucoup d’afghans.

Je me suis donc rendu sur le marché un samedi gris du mois de décembre. Dès l’entrée dans la longue rue qui accueille les marchands sur ces trottoirs, je pénètre dans un autre monde, comme s’il existait une frontière interne à la Grèce. Toutes les nationalités exilées en Grèce semblent se trouver réunies sur ce marché : arabes du pourtour de la Méditerranée, bangladeshis, ghanéens, nigérians, et bien sûr des afghans au milieu de tant d’autres. Les seuls signes qui rappellent que nous sommes bien en territoire grec sont les écritaux des prix de la marchandise et les échanges en grec grâce auquel se concluent les transactions.

Des milliers de personnes sont passées faire leurs achats cette après-midi. Fendant la foule pour explorer le marché, mes oreilles bourdonnaient de la langue darie ou pachtoune. Puisque je cherchais à savoir comment vivaient les afghans en Grèce, je n’entendais plus qu’eux sur le marché. Tous les types d’exilés d’Afghanistan se présentèrent à mes yeux : voilées, une mère et sa fille faisant leurs courses ; des groupes de jeunes hommes plaisantant à voix haute ; des familles entières, le bébé dernier-né dans les bras du père. Presque tous les 10 mètres, j’entendais un groupe parler dans une langue sortie tout droit d’Afghanistan, révélant un peu plus le nombre d’exilés qui avaient échoué en Grèce depuis l’Asie centrale. Plusieurs fois, j’ai salué des hommes ou des familles avec qui j’avais longuement discuté les jours précédents.

Au bout d’une heure dans ce marché, j’avais aussi pu voir un afghan vendant des mouchoirs au coin d’une rue. Les immeubles à la façade vieillissante au-dessus de lui m’ont fait penser à une scène dans une grande ville d’Asie centrale, un peu comme si le nombre d’Afghans dans la rue transformait la scène en avant-gout d’Afghanistan.

Pendant tout ce temps passé à marcher au milieu de la foule, j’avais gardé l’appareil photo posé sur mon ventre, réglages de diaphragme et de vitesse faits. Je déclenchais sans porter l’appareil à mes yeux pour pouvoir réagir plus vite aux passants que je croisais. Sur cette photo, sacs de légumes en main, deux pachtounes distancent un Hazara de quelques pas.

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février 2nd, 2010 at 4:31