Archive for the ‘Iran’ Category
Partying in Iran
Via Flickr:During my last stay in Iran, I attended a couple parties. Even though they’re supposed to be forbidden, I felt like I was in some kind of club, out of Iran…
Martyrdom and business
Via Flickr:Wall painted faces of martyrs dead in Iran-Iraq war, on the sides of a big avenue in the center of Tehran (Iran).Iran-Iraq war lasted from September 1980 to August 1988, making it the longest conventional war of the twentieth century. The war came at a great cost in lives and economic damage—half a million Iraqi and Iranian soldiers as well as civilians are believed to have died in the war with many more injured—but it brought neither reparations nor change in borders.Bank Mellat (meaning « Bank of the Nation ») is a state-owned commercial Iranian bank. It was established in 1980, with a paid of capital of Rials 33.5bn as a merger of ten pre-revolution private banks. Currently, the bank’s capital amounts to Rls 13,100bn and is one of the largest commercial banks in the Islamic Republic of Iran, ranking among the top 1000 banks of the world.
Ekbatan housing estate, Tehran
Shahrak Ekbatan is a housing estate in Tehran, facing the historical Mehrabad Airport. The estate was built in the 1970s by american architects, just before the iranian revolution. It comprises about 20 000 apartments in its tower blocks. Shahrak means « small city » in persian. Several dozens of blocks are built around central spaces left for shops and recreational spaces like parks and greens. Each block is made of high-rises between 6 and 13 floors, with more than 500 apartments in each tower. Shahrak Ekbatan was from the very beginning designed as a luxury estate, and stays up to this day a model of comfort attracting the well-off in Tehran. Note : Satellite dishes are legally forbidden in Iran, but they can’t control everywhere all the time…
Prayer in Jamkaran Mosque
Men praying in Jamkaran mosque, march 2011.Jamkaran Mosque, is a popular pilgrimage site for Shi’ite Muslims in Iran, not far from the city of Qom. Local belief has it that the Twelfth Imam (Muhammad al-Mahdi) — a messiah figure Shia believe will lead the world to an era of universal peace — once appeared and offered prayers at Jamkaran. On Tuesday evenings especially large crowds of tens of thousands gather at Jamkaran to pray and to drop a note to the Imam in a well at the site, asking for help with some problem. (from
Waiting for a ride
While working on my new report from Iran, I told myself I could post nice images from my last trip in Iran, I was back a couple days ago.Here’s a street scene from early april 2011, with an iranian couple (at least they seemed like one) waiting for an available taxi in the center of Tehran.
Mausolée de Shah Abdol Azim
Je rentre d’un voyage d’un mois en Iran, et la moisson d’images a été intéressante. Je posterais plus d’images et d’histoires dans les semaines qui viennent..Cette photo est un instantané de la cour du mausolée de Shah Abdol Azim à Shahr-e Rey, dans la partie sud de Téhéran. Le quartier est populaire, et le lieu de pèlerinage l’est tout autant. Shah Abdol Azim est un personnage révéré pour ses enseignements et pour son rôle de maitre du 8ème imam des chiites duodécimains, l’imam Reza, mort assassiné il y a plus de 1200 ans.
A l’approche de la nouvelle année iranienne…
Le nouvel an iranien se rapproche. Il me semblait intéressant de s’arrêter sur cette date et sa signification dans le monde iranien. D’autant plus que l’UNESCO vient de reconnaître il y a quelques semaines le 21 Mars comme « Journée internationale de Norouz ». La nouvelle année iranienne commence exactement au moment de l’équinoxe de printemps, généralement le 21 mars. Cependant, comme l’heure de l’équinoxe est différente selon l’endroit du globe dans lequel on se trouve, selon l’année considérée, cette fête n’a pas une date fixe dans le calendrier grégorien que nous utilisons en Occident.
Norouz est célébré depuis au moins 3000 dans de nombreux pays qui ont été des territoires ou qui ont été influencés par l’Empire perse : Iran, territoires formant le Kurdistan, l’Afghanistan, ainsi que dans certaines parties du Moyen-Orient et dans les ex-républiques soviétiques du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Kyrgyzstan.
Les préparations de Norouz commencent pendant le dernier mois d’hiver du calendrier persan, Esfand (fin-fevrier, fin-mars). La population se prépare en faisant un grand « nettoyage de printemps » (khaneh tekani) dans leurs maisons, s’achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs .
Le jour du nouvel an, correspondant à l’équinoxe de printemps, les familles s’habillent avec leurs vêtements neufs et commencent alors les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens, puis au reste de la famille et enfin aux amis. Le 13ème jour de la nouvelle année, les familles quittent les maisons et vont pique-niquer à l’extérieur pour la fête appelée Sizdeh Bedar.
Le premier jour de l’année, les membres de la famille se retrouvent à table, sur laquelle sont posés les Haft Sîn et attendent le moment exact de la nouvelle année. Les Haft Sîn (les sept ‘S’), sont sept objets dont le nom commence par la lettre S, disposés sur une table correspondant aux sept créations et aux sept immortels les protégeant. Chaque famille essaie de composer une table des Haft Sîn la plus jolie possible, puisque le sens spirituel est aussi important que la façon dont ils sont disposés puisque les visiteurs voient cette disposition comme une réflexion de leur goûts.
Voici quelques exemples des objets servant à faire les Haft Sîn, mais la liste n’est pas limitative puisqu »il n’y a pas de consensus permettant d’établir une liste figée :
- sabzeh - germes de blé, orge ou lentille poussant dans un plat (symbolisant la renaissance)
- samanu - une pâte très sucrée fait de germe de blé (symbolisant l’abondance)
- senjed - le fruit séché du jujubier (symbolisant l’amour)
- sîr - ail (symbolisant la médecine et la bonne santé)
- sîb - pommes (beauté et bonne santé)
- somaq - baies de sumac (la couleur du lever du soleil et santé)
- serkeh - vinaigre (l’âge et la patience)
- sonbol - l’odorante fleur de jacinthe (l’arrivée du printemps)
- sekkeh - pièces (prospérité et santé)
D’autres objets peuvent être posés sur la table pour le symbole qu’ils représentent :
- des bougies allumées (bonheur)
- des œufs peints (fertilité)
- un bol avec des poissons rouges (vie)
- un bol d’eau contenant une orange (la terre flottant dans l’espace)
- un livre sacré (le Coran, la Bible, la Torah, l’Avesta ou le Kitáb-i-Aqdas) ou encore un livre de poésie (presque toujours le Shah Nameh ou le divan d’Hafez)
Une deuxième et une troisième partie de cet article viendront compléter dans les semaines qui viennent cette mini-série d’articles consacrés à la nouvelle année iranienne.
Références :
- Norouz, Iran Daily, n°3631, p.6
- Norouz, Wikipedia
- General Assembly recognizes 21st of march as Internationl day of Nowruz, UNESCO, 23 février 2010.
General Assembly Recognizes 21 March as International Day of Nowruz,
1 Photo, 1 Histoire #23 : Leçon de drague à l’iranienne
Contexte : Passage Qaem, un centre commercial du nord de Téhéran.
En Iran, la vie est différente. Pas seulement parce que la culture est différente, mais aussi parce que la loi règlemente des affaires privées auxquelles les législateurs des autres pays n’auraient pas pensé. Il est, entre autres, interdit de fréquenter une personne du sexe opposé avec qui on n’est pas marié ou avec qui on n’a pas de liens filiaux. Alors comment font les gens pour se rencontrer et se marier me demanderez-vous ?
La solution traditionnelle, c’est de laisser les familles s’arranger entre elles. Cette solution a de moins en moins court. Sinon, comme dans tous les pays du monde, les garçons et les filles se rencontrent, se connaissent et finissent par avoir une relation amoureuse. Certes. Mais la loi iranienne oblige à des contorsions et des techniques de contournement tout à fait spéciales. Puisqu’il est difficile pour un garçon et une fille de s’aborder dans l’espace public quand ils ne se connaissent pas, les rencontres se font en plusieurs étapes.
Les centres commerciaux et les food courts où se retrouvent la jeunesse dorée de Téhéran servent de théatre à ce ballet des sentiments. Des groupes de filles et de garçons déambulent en faisant du lèche-vitrine et se croisent et se recroisent. Des regards et des sourires s’échangent. Au bout d’un moment, on peut voir un jeune homme tendre une carte de visite à une demoiselle qui lui plait. Ou l’inverse. Ils pourront ainsi se contacter par téléphone ou par messagerie instantanée et faire plus ample connaissance. S’ils se plaisent, ils pourront alors décider de sortir dans un des cafés ou petits restaurants discrets, à l’abri des regards inquisiteurs des représentants de la loi.
Le ballet des jeunes filles et des jeunes hommes était tel que je l’ai vu ce jour-là au passage Qaem, un centre commercial du quartier de Tajrish, au nord de Téhéran. Observer le ballet depuis les claires voies ouvertes d’un étage à un autre me permettait de mieux observer le manège, qui devenait évident. Un autre jour, le même genre de scène se déroulait devant mes yeux, mais je n’ai pas pu le conserver en images. Une voiture de jeunes hommes était prise dans les embouteillages à côté d’une voiture de jeunes filles. Il faisait chaud, les fenêtres étaient ouvertes et le trafic vraiment bloqué. Les garçons entamèrent donc la conversation sans quitter leurs sièges, jusqu’au moment ou le conducteur passait son bras par la fenêtre pour tendre un bout de papier, sur lequel il avait sûrement griffoné son numéro de téléphone, à la passagère de la voiture voisine.
Peu importe les barrières imposées par la loi, l’Homme pourra toujours trouver un moyen de les contourner s’il doit le faire.
L’Aménagement de l’île de Kish
A la fin des années 1970, le Shah d’Iran faisait aménager l’île de Kish, dans le Golfe Persique, comme un lieu de villégiature pour millionnaires. Voici un document vidéo d’un journal télévisé français de l’époque.
Une gastronomie dorée
Au cours de discussions à propos de mes voyages en Iran, il est souvent arrivé que l’on me pose des questions à propos de la cuisine iranienne, grandiose mais méconnue. « Est-ce que c’est très épicé ? La cuisine iranienne, c’est pas un peu comme la cuisine indienne ? » Pour répondre à ce genre d’interrogations, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de faire un billet sur la gastronomie iranienne, pour changer des articles de la série L’Iran pour les nuls.
La cuisine iranienne reste méconnue, et pourtant, selon Nadjaf Daryabandari, elle est une des trois cuisines de base dans le monde. Selon cet auteur, trois cuisines de base correspondent à un découpage géographique. La cuisine chinoise est à l’origine des cuisines d’extrême-Orient, du Vietnam au Japon ; la cuisine romaine en Occident a donné naissance aux cuisines italiennes, francaises ou espagnoles et la cuisine iranienne est à la base des gastronomies du Moyen-Orient, et a enrichi les cuisines locales de la Turquie à l’Inde.
Une des premières caractéristiques de la cuisine iranienne est sa couleur dorée. Les deux épices les plus utilisées étant le safran et le curcuma, les plats ont souvent une jolie coloration jaune-orangée. Les aliments utilisés sont extrêment variées, et les épices nombreuses : cannelle, pétales de rose, herbes fraiches ou séchées (menthe, aneth, coriandre, persil, estragon…). Ce n’est d’ailleurs qu’en Iran que j’ai pu voir consommer ce qui est appelé sabzijat ou sabzi khordan, qui sont des herbes fraiches servies en vrac dans un petit panier pour accompagner les plats. L’aneth, la menthe, le basilic, l’estragon ou d’autres encores sont servies ensembles, parfois avec quelques radis ou civettes et sont un des condiments traditionnellement posés sur les tables iraniennes. Le yaourt, fait au lait de vache ou de brebis, accompagne aussi souvent les repas iraniens, servi nature ou agrémenté d’ail, d’épinards, ou de concombres coupé fin et de menthe.
Pour avoir voyagé un petit peu en Iran et testé à la fois la cuisine de restaurant et à la cuisine familiale, dans plusieurs régions, j’ai pu noter des différences locales.
Les restaurants traditionnel iraniens proposent souvent des viandes grillées, servies avec du riz cuit à la vapeur dont les grains extrêmement longs ont une texture aérienne, très légère. C’est le célèbre Chelo Kabab,C’est majoritairement l’agneau et le poulet qui sont employés. Le boeuf est assez peu consommé en grillades et le porc pas du tout comme on peut s’y attendre en pays de vieille tradition musulmane (on trouve tout de même du porc en Iran, chez les bouchers arméniens). Un type de resturant, les jigari, n’ont à leur menu que des brochettes de foie ou de coeur d’agneau. Mangés brûlants avec une pointe de sel et un morceau de pain, c’est un vrai plaisir de gourmand.
Dans les restaurants, on ne trouve en revanche pas beaucoup de plats mijotés, qui occupent pourtant une place de choix sur les tables familiales iraniennes. Ces plats sont désignés sous le nom générique de khoresht et sont cuisinés sur le même principe. Les Khoresht sont des sortes de ragouts, dans lesquels la viande est cuite à l’eau avec des légumes, des épices et des aromates. Les plus courants sont le khoresht-e Gheymeh (viande, tomates, pois cassés), le khoresht-e bademjan (viande, tomates, aubergines) ou encore le khoresht-e ghormeh sabzi (viande, herbes, haricots rouges). Ces khoresht sont toujours accompagnés de riz, qui est l’élément incontournable des repas iraniens. Il existe encore des dizaines d’autres recettes similaires. Les autres plats familiaux iraniens sont des polo. Le Polo désigne une façon de faire cuire ensemble à la vapeur riz et viande. On peut par exemple penser aux Shirin Polo (avec des carottes et des amandes), Addas Polo (avec des lentilles) ou Loubya Polo (avec des haricots verts). Je ne me sens pas capable de détailler les recettes ici, c’est pourquoi je préfère vous renvoyer à des livres : La Cuisine Perse de Neda Afrashi ou The New Food of Life: A Book of Ancient Persian and Modern Iranian Cooking and Ceremonies
de Najmieh Batmanglij.
Les iraniens sont aussi de grands amoureux des fruits frais, qu’ils consomment à toute heure du jour, avant ou après les repas. Une des grandes constantes des maisons iraniennes dans lesquelles j’ai pu entrer sont les paniers de fruits, toujours plein et mis à disposition des invités. Les fruits de saison sont consommés dans ce grand pays dont le climat permet de faire pousser à peu près tous les fruits : des oranges aux dattes en passant par les pommes ou les pastèques. Quelques fruits me semblent même être endémiques à l’Iran, comme le Bahar Narenj (l’Orange de printemps, un agrume au gout très délicat) ou le Bolang (un autre agrume à la peau très épaisse)
Enfin, les sucreries sont très appréciées en Iran. On ne les consomme pas forcément en dessert, mais à toute heure de la journée, car elles sont offertes au visiteur qui pénètre un foyer iranien. Il existe des centaines de recettes de petits gâteaux à base de miel, de pâte feuilletée, agrémentés de pistaches, de noix, de cardamome, etc
Si vous allez en Iran et que vous êtes invités à partager un repas traditionnel avec des iraniens, il se peut que vous vous trouviez assis autour d’un sofreh, la nappe qui recouvre le tapis sur lequel les repas sont pris. En héritiers de peuples nomades, certains iraniens ont conservé cette façon traditionnelle de prendre les repas à même le sol, comme sur la photo qui illustre ce billet ci-dessus.
Si vous souhaitez plus de précisions sur la cuisine iranienne, obtenir des recettes ou partager votre expérience de la gastronomie iranienne, n’hésitez pas à m’en faire part, via les commentaires ou la fonction contact de ce site.
Sources :
- « La cuisine iranienne par Nadjaf Daryabandari« , La revue de Téhéran, n°7, juin 2006.
- « Cooking« , Encyclopaedia Iranica.














