Archive for the ‘Société’ Category

1 Photo, 1 Histoire #23 : Leçon de drague à l’iranienne

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Contexte : Passage Qaem, un centre commercial du nord de Téhéran.

En Iran, la vie est différente. Pas seulement parce que la culture est différente, mais aussi parce que la loi règlemente des affaires privées auxquelles les législateurs des autres pays n’auraient pas pensé. Il est, entre autres, interdit de fréquenter une personne du sexe opposé avec qui on n’est pas marié ou avec qui on n’a pas de liens filiaux. Alors comment font les gens pour se rencontrer et se marier me demanderez-vous ?

La solution traditionnelle, c’est de laisser les familles s’arranger entre elles. Cette solution a de moins en moins court. Sinon, comme dans tous les pays du monde, les garçons et les filles se rencontrent, se connaissent et finissent par avoir une relation amoureuse. Certes. Mais la loi iranienne oblige à des contorsions et des techniques de contournement tout à fait spéciales. Puisqu’il est difficile pour un garçon et une fille de s’aborder dans l’espace public quand ils ne se connaissent pas, les rencontres se font en plusieurs étapes.

Les centres commerciaux et les food courts où se retrouvent la jeunesse dorée de Téhéran servent de théatre à ce ballet des sentiments. Des groupes de filles et de garçons déambulent en faisant du lèche-vitrine et se croisent et se recroisent. Des regards et des sourires s’échangent. Au bout d’un moment, on peut voir un jeune homme tendre une carte de visite à une demoiselle qui lui plait. Ou l’inverse. Ils pourront ainsi se contacter par téléphone ou par messagerie instantanée et faire plus ample connaissance. S’ils se plaisent, ils pourront alors décider de sortir dans un des cafés ou petits restaurants discrets, à l’abri des regards inquisiteurs des représentants de la loi.

Le ballet des jeunes filles et des jeunes hommes était tel que je l’ai vu ce jour-là au passage Qaem, un centre commercial du quartier de Tajrish, au nord de Téhéran. Observer le ballet depuis les claires voies ouvertes d’un étage à un autre me permettait de mieux observer le manège, qui devenait évident. Un autre jour, le même genre de scène se déroulait devant mes yeux, mais je n’ai pas pu le conserver en images. Une voiture de jeunes hommes était prise dans les embouteillages à côté d’une voiture de jeunes filles. Il faisait chaud, les fenêtres étaient ouvertes et le trafic vraiment bloqué. Les garçons entamèrent donc la conversation sans quitter leurs sièges, jusqu’au moment ou le conducteur passait son bras par la fenêtre pour tendre un bout de papier, sur lequel il avait sûrement griffoné son numéro de téléphone, à la passagère de la voiture voisine.

Peu importe les barrières imposées par la loi, l’Homme pourra toujours trouver un moyen de les contourner s’il doit le faire.

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février 21st, 2010 at 7:00

Pense-bête pour se souvenir

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Lors de mon séjour en Grèce, je tombais au milieu des commémorations de la mort du jeune Alexis Grigoropoulos, tué par la police le 6 décembre 2008. Cette mort avait déclenché 3 semaines d’émeutes dans tout le pays.
En souvenir de ces évènements, et pour tous ceux qui s’opposent à la police pour essayer de faire entendre leur voix partout dans le monde, je reproduis ici deux images. Elles ont été réalisées par des grecs qui les ont mises sur des murs d’Athènes en décembre 2008.
Le message qu’elles véhiculent ne change pas, d’année en année.

Sticker grec utilisé pendant les émeutes de décembre 2008

Sticker grec utilisé pendant les émeutes de décembre 2008

Pochoir utilisé en Grèce pendant les émeutes de décembre 2008

Pochoir utilisé en Grèce pendant les émeutes de décembre 2008

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décembre 31st, 2009 at 12:49

1 photo, 1 histoire #17 : A la poursuite d’une vie meilleure

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Contexte : Sur le port de Patras, en compagnie des migrants afghans essayant de passer clandestinement en Italie.

K. en train de courir vers le camion qui l'emmènera peut-être en Italie.

K. en train de courir vers le camion qui l'emmènera peut-être en Italie.

Depuis début décembre, j’ai été très occupé et je n’ai pas eu vraiment le temps de continuer la série une photo, une histoire. J’essaie de réparer ça en postant cette photo qui illustre mes posts du mois de décembre.

Dans mes précédents posts, je décrivais les allées et venues sur le port de Patras. J’ai passé la semaine à parler et à photographier les candidats à l’immigration clandestine vers l’Italie. Pour cette photo, je suis de l’autre côté du grillqge du port, à l’extérieur. A mes côtés, plusieurs afghans qui regardent la scène ou donnent des indications à ce jeune homme de 23 ans qui cours vers le camion qui l’emmènera peut-être vers l’Italie. Les migrants et les policiers jouent une espèce de guerre dans laquelle deux camps s’affrontent. Les migrants restés à l’extérieur renseignent ce jeune homme qui court sur la position des policiers ou des chauffeurs de camion afin de lui permettre de se glisser sous les essieux de la remorque.

Moins de 5 secondes après que cette photo ait été prise, K. était caché sous les essieux. Malheureusement pour lui, un chauffeur l’a aperçu et il s’est fait déloger de sa cachette moins de 2 heures plus tard. 3 jours plus tôt, K. avait réussi à se rendre en Italie par le même moyen, mais il avait été découvert lors des contrôles de sécurité lors du débarquement à Bari. Il avait été directement renvoyé en Grèce, sur le même bâteau qui l’avait amené à Bari. Tous les candidats à la migration tentent le passage plusieurs fois par jour. Ils se font découvrir pqr les chauffeurs, les policiers, la sécurité du port…

K. essaiera encore de passer jusqu’à ce qu’il réussisse. Tout est question de chance. Au moins 5 des garçons avec qui j’ai sympathisé cette semaine ont réussi à passer de la même façon et sont arrivés en Italie, sains et saufs, et sans se faire repérer par la police. Leur route sera encore longue jusqu’au pays qu’ils visent, mais ils ont eu suffisament de chance cette fois-ci pour passer un des points les plus difficiles de la route…

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décembre 26th, 2009 at 3:48

La Grèce, ce n’est pas vraiment l’Europe

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Je profite de mes dernières heures en Grèce pour engager tous mes lecteurs à venir visiter ce beau pays. Comme je le précise dans mon titre, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être dans un pays européen au sens où on l’entend habituellement.

J’ai eu la chance d’être hébergé chez des grecs pendant les trois semaines de mon séjour, partagé entre Patras et Athènes. L’hospitalité des grecs est immense, et je suis content d’avoir trouvé de nouveaux amis dans ce pays que je reviendrais visiter. Je dois encore voir le nord du pays, les îles et les villages pour me faire une meilleure idée de ce qu’est la vie des grecs, mais ce que j’ai vu m’a beaucoup plu. J’ai aussi l’impression que la Grèce est le plus iranien des pays européens.

Les similitudes entre l’Iran et la Grèce sont plus nombreuses qu’on peut le penser. J’ai d’abord été frappé par la ressemblance physique des gens que j’ai croisé dans la rue. Les peaux claires et les yeux verts sont certes plus nombreux en Grèce qu’en Iran, mais certains grecs pourraient aisément passer pour iraniens et vice-versa. Certains types de sonorités dans la musique grecque sont aussi très similaires aux sonorités de certaines chansons iraniennes. Même certains magasins des quartiers populaires d’Athènes ressemblent à ceux que j’ai pu voir en Iran : peu d’attention est portée aux devantures des magasins, ce sont la diversité et la simplicité des produits qui comptent le plus. L’hospitalité offerte aux étrangers me parait aussi similaire. Dans le vocabulaire même des deux langues, on peut trouver des mots aux racines communes : les gombos s’appellent Bamies en grec et Bâmieh en persan, par exemple. Les hommes grecs, comme les hommes iraniens, passent beaucoup de temps dans les cafés. Dans les cafés les plus traditionnels, on ne voit que des hommes, un petit peu comme dans les qavehkhane iraniennes…

Je me suis demandé pourquoi j’avais cette impression et j’ai peut-être trouvé un début de réponse dans l’histoire de ces deux pays. Il y a 2500 ans, l’empire Perse et les grecs étaient fréquemment en guerre pour se disputer le contrôle de l’Asie mineure et des côtes orientales de la Méditerrannée. Puis Alexandre le Grand a conquis l’Empire Perse vers 300 av. J.-C. En Perse, l’histoire raconte qu’il s’est marié à une princesse iranienne, Roxane. Certains de ses soldats ont également pris femme dans les contrées conquises. A la mort d’Alexandre, ses généraux se sont disputés le pouvoir, et ainsi est né l’empire Séleucide. Je suis à peu près persuadé, même si je n’ai pas pu encore vérifier cette théorie, que les deux population se sont mélangés à partir de cette époque et que c’est la raison pour laquelle  je perçois tant de similitudes. Je chercherais quelques textes de ce côté pour voir si je suis complètement à côté de la plaque ou si mon analyse n’est pas trop déconnante.

Je dois maintenant boucler mon sac avant de reprendre l’avion vers Paris dans quelques heures. Il parait que je vais perdre une quinzaine de degrés, le soleil et l’air sec pour retrouver le froid et l’humidité parisienne, et la neige qui recouvre la France. Je ne suis pas encore parti, mais j’ai déjà hâte de revenir…

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décembre 21st, 2009 at 1:53

Les objectifs économiques et le journalisme ne font pas toujours bon ménage.

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Je rapporte une histoire que j’ai entendu de la bouche de plusieurs afghans aujourd’hui, sans pouvoir la vérifier auprès d’autres sources pour l’instant. Cependant, les versions entendues auprès de plusieurs concordent: Je suis un peu révolté par le procédé employé, c’est la raison pour laquelle je veux le partager.

La semaine dernière, un journaliste étranger est venu à Patras pour faire un reportage sur les migrants qui essaient de prendre le bateau pour l’Italie. Je suppose qu’il n’avait que peu de temps pour faire son reportage, car il a offert de l’argent à un jeune pour qu’il passe les grillages du port et se glisse sous un camion afin de lui permettre d’avoir des images pour son article. Le jeune l’a fait, s’est caché sous un camion puis est revenu de l’autre côté de la grille, heureusement pour lui sans se faire attraper par la police.

Même si ce genre de scènes a lieu quotidiennement à Patras, le procédé employé par ce journaliste me semble déontologiquement incorrect. Il a rapporté à son journal des images mises en scènes. L’histoire aurait aussi pu couter cher au jeune homme qui a accepté son argent, car il aurait sûrement été frappé par les policiers qui l’auraient trouvé, comme cela est presque toujours le cas à Patras.

J’imagine que ce journaliste était envoyé par une publication qui avait les moyens et qui avaient rapidement besoin de son article avec des images choc. Les images que les lecteurs verront ne sont qu’une mise en scène qui ressemble à la vérité.

Si tous les journalistes travaillaient de la même façon, l’information serait-elle réduit à un simple spectacle ?

Technorati : , , , , , , , ,
Del.icio.us : , , , , , , , ,

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décembre 7th, 2009 at 1:22

Questions de migrations

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Comme je le disais dans mon post précédent, je passe à peine par l’Italie avant de me rendre en Grèce. Ce n’est pas la première fois que je viens en Italie, mais c’est la première fois que j’y viens en plein hiver, dans une ambiance beaucoup plus italienne, puisque les touristes estivaux ne sont pas là. Jusqu’ici, le rapport avec le titre n’est pas très évident. J’y arrive.

Je remarque que beaucoup d’emplois sont occupés par des migrants en provenance du monde indien (Inde, Pakistan, Bangladesh). Les emplois à domicile sont plutôt occupés par des migrantes des pays de l’Est (Roumanie, Géorgie; Bulgarie…). Bien entendu, il y a également en Italie des migrants de beaucoup de pays sources. Parfois une histoire particulière lie une population immigrée à leur pays d’accueil. En France par exemple, ce sont les ex-pays colonisés par la France qui fournissent le plus gros de la main d’oeuvre immigrée (Algérie, Maroc, Tunisie, ex-pays de l’Afrique Occidentale française…). En Italie, la seule migration « historique » que j’ai pu apercevoir vient de l’Erythrée. A un moment de l’histoire, il peut aussi y avoir une raison particulière pour que les migrants soient plus présents dans un pays que dans un autre. Pour l’Italie, on peut citer les équadoriens, qui sont relativement visibles dans la capitale. Rome avaiten effet accueilli de nombreux demandeurs d’asile en provenance de l’Equateur voici quelques décennies. Encore aujourd’hui, les équatoriens qui fuient leur pays viennent en Italie car ils y ont des contacts au sein de leur propre communauté.

Mais je n’arrive toujours pas à m’expliquer la présence si visible des petits marchands ambulants indiens, des réceptionnistes bangladeshis ou d’autres. Je n’ai pas le temps de faire des recherches, mon temps sur internet m’est compté. Je serais toutefois curieux de trouver des documents sur cette question, des études ou autres documents pouvant m’éclairer.

Pour mes lecteurs qui s’interrogent sur le rapport entre les migrations et mon travail de photographe, la réponse est simple. Je travaille depuis quelques temps déjà sur un projet documentaire en lien avec un certain type de migration, celle des afghans. Mes derniers voyages ont été faits dans le but de mieux comprendre la vie que mènent ces forcats de la clandestinité en Europe, et je passe mes journées à parler avec des immigrés et à les interviewer, alors j’ai l’impression que cela déteint quelque peu sur mes préoccupations intellectuelles…

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décembre 1st, 2009 at 9:44

Esprits disciplinés

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Il y a déjà plus de deux ans, j’ai lu un livre que je voulais partager avec le plus grand nombre. J’arrive maintenant à trouver le temps et le support pour le faire. Désolé pour les non-anglophones, mais je n’ai pas trouvé de traduction ou d’équivalent en langue française. Ce livre, c’est Disciplined Minds: A Critical Look at Salaried Professionals and the Soul-Battering System That Shapes Their Lives, de Jeff Schmidt.

Dans ce livre, l’auteur expose sa vision  du monde professionel et du système éducatif qui le précède sans faux-semblants. Le monde des professionels est hautement politisé, et la sélection s’y fait sur l’aptitude des candidats à se soumettre à l’idéologie ambiante. Jeff Schmidt a construit son argumentation à partir d’un certain nombre d’exemples et d’enquêtes dans le monde de la physique aux Etats-Unis, mais son propos peut être appliqué, dans une grande partie, aux mondes professionels dans d’autres domaines et d’autres lieux. Les grandes écoles à la française me semblent être elles-aussi, concernées.

Jeff Schmidt définit un professionel comme quelqu’un dont le travail se définit par l’idéologie et pas seulement par les compétences. L’idéologie est la pensée qui sous-tend et justifie les actions de chacun, y compris dans les activités quotidiennes. Aujourd’hui, le travail dans les pays développés se trouve concentré dans le secteur des services grâce aux gains technologiques ayant facilité la production. Les activités professionnelles comme la conception, l’analyse, l’écriture, la comptabilité, le marketing ou autres types de tâches créatives sont par leur nature même idéologiques. Les professionnels qui exécutent ses activités doivent se soumettre à un point de vue, à une idéologie qui est imposée par leur hiérarchie, souvent de manière diffuse. Même si les employeurs ont toujours surveillé les attitudes des personnes qu’ils embauchent (pour se protéger des syndicalistes trop virulents, et autres employés faisant preuve de « mauvaise attitude »), dans certains types d’emplois, l’idéologie devient cruciale pour réaliser les tâches qui sont assignées aux employés. Depuis le journalisme jusq’à l’éducation en passant par l’architecture, la vision du monde d’un employé affecte la nature même du produit de son travail, et pas seulement sa quantité ou sa qualité. Les journalistes de l’Humanité ou du Figaro ne présentent pas les mêmes papiers à leurs rédacteurs en chef, deux architectes ayant des idées opposées sur le réchauffement climatique ne concevront pas la même maison si on les mettait en concurrence. Les exemples pourraient être nombreux, j’espère aue ceux-ci sont suffisament parlants.

La thèse du livre de Jeff Schmidt est la suivante : les critères sur lesquels on juge de la capacité de quelqu’un à être qualifié pour devenir un professionnel ne résident pas seulement dans ses connaissances techniques, mais aussi dans sa capacité à travailler dans un environnement idéologique ou politique qui lui est imposé.

Le livre examine le système de sélection dans les « graduate schools » américaines. Ce système ressemble par de nombreux aspects au système des concours sanctionnant l’entrée dans une grande école de commerce ou d’ingénieurs en France. Les épreuves de sélection sont conçues autant pour juger des qualités techniques et intellectuelles des candidats autant que de leur attitude dans le travail. Quand on doit apprendre des tonnes de choses pour passer une épreuve de concours qui dure deux heures, on juge autant les connaissances que vous avez acquises que votre capacité à apprendre ce qu’on vous dit d’apprendre sans vous poser de questions. Ces questions en entraineraient sûrement d’autres qui vous éloigneraient de la trame imposée. Par voie de conséquence, le système éducatif qui produit les professionnels en fait des penseurs obéissants, qui pourront théoriser, expérimenter, innover, créer dans les limites d’une idéologie imposée.

Enfin, Schmidt explore les racines du manque de satisfaction des professionnels dans leurs jobs. Celle-ci serait dûe au manque de contrôle sur la partie idéologique d’un emploi. Alors que de nombreux professionnels choisissent cette carrière pour avoir la possibilité de contribuer à la société et donner un sens à leur vie, le système professionnel dans lequel nous évoluons pousse à accepter un rôle subordonné dans lequel les individus ne peuvent exprimer pleinement leurs idées et leur créativité. L’auteur finit par donner ses astuces pour résister ou se battre en gardant son indépendance d’esprit.

Après avoir lu ce livre, plus personne ne peut regarder son travail et sa formation de la même  façon.

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novembre 24th, 2009 at 2:38

Une photo, une histoire#10 : Sans Dessus Dessous

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Contexte : Un matin d’automne 2008, au bord du Canal Saint-Martin à Paris.

Sans Dessus Dessous

J’étais sorti tôt un dimanche matin pour aller prendre des photos dans Paris et profiter de la lumière matinale. Sans objectif précis, juste pour jouer avec la lumière. Depuis la place Stalingrad, je redescendais le canal Saint-Martin. Je ne me souviens plus pourquoi j’avais choisir cet endroit de Paris. Peut-être parce que j’y habitais un an auparavant et que je voulais simplement retourner voir si quelque chose avait changé.

Il me semble que rien n’avait changé. L’eau coulait toujours dans les écluses du canal, et les arbres qui le bordent étendaient leurs branches vers l’autre rive, comme s’ils voulaient se rejoindre pour former une voute.

A cet endroit précis, le canal fait un coude et s’élargit. Depuis la rive orientale du canal, j’apercevais en face ce couple allongé sur le muret qui borde le canal. Je trouvais la scène photogénique et commencais à chercher le meilleur angle pour la photographier. Une passerelle enjambe l’eau à cet endroit, alors je la grimpe pour avoir un point de vue plus intéressant, plongeant sur ce couple équilibriste qui fait la sieste si tôt le matin. Je déclenche une fois et une deuxième. Je m’aperçois que ces deux jeunes gens ne font pas une sieste ordinaire.

Ils me paraissent dans un état très instable. Ils bougent dans leur demi-sommeil et l’un ou l’autre manquent plusieurs fois de tomber à l’eau en se retournant dans leur sommeil. Puisque c’est dimanche matin et qu’il est encore très tôt, je pense que ce couple sortait plutôt d’une soirée qui avait duré jusqu’au petit matin et, épuisé, s’accorde un petit somme faute de pouvoir trouver le chemin du lit. Leur comportement est désordonné, ils doivent encore être saouls de leur fête de la veille. Je les observe un moment en continuant à prendre quelques photos. La cuite a l’air sévère pour tous les deux. Je range mon appareil photo, mais reste encore un moment sur le pont, inquiet d’en voir glisser un à l’eau sans pouvoir s’en sortir rapidement.

Finalement, ils sortent de leur sommeil comateux. Ils ont dû récupérer un peu. Ils ont finalement réussi à se lever tant bien que mal et à prendre un chemin que j’ai supposé être celui du retour, vers le métro, vers le train ou tout simplement vers leur lit.

La scène était à la fois drôle et pleine de suspense : « Quelle cuite ! Vont-ils tomber à l’eau ? » Le photographe a souvent le rôle d’un voyeur, et cela se fait encore plus vrai dans la photographie de rue. Mais l’instant qui restera gravé à jamais est à l’image de cette fin de nuit qui a dû être mémorable pour eux : Sans Dessus Dessous.

Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici.

Dans la série Une Photo, Une Histoire, le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés.

Format

Written by fabdany

octobre 3rd, 2009 at 12:32

Une photo, une histoire #7 : Une défaite au backgammon

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Contexte : Une maison de thé tenue par des émigrés de Turquie d’origine Kurde, dans le 10ème arrondissement de Paris.

Une partie de backgammon en gros plan

Une partie de backgammon en gros plan

J’aime me promener dans le petit quartier turc de Paris, coincé entre trois rues à proximité de la mairie du Xème arrondissement. C’est dans cette zone que se trouvent concentrés la plupart des commerces tenus par des turcs, dont la clientèle est majoritairement originaire de Turquie. Souvent de l’est de la Turquie, et d’origine Kurde (mais il ne faut pas le dire trop fort, ça pose certains problèmes d’identité, de politique…)
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Written by fabdany

septembre 21st, 2009 at 1:33

Une photo, une histoire #6 : L'authentique Mozzarella

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Contexte : Place du Duomo, a Florence, fin juillet 2009.

En ces jours de grève du lait, j’ai essayé de trouver une photo qui pouvait se rapprocher de l’actualité. Je n’ai pas couvert la grève du lait française ni ailleurs en Europe qui se déroule depuis quelques temps. En revanche, je me suis retrouvé par hasard au milieu d’une manifestation de producteurs laitiers à Florence (Italie), à la fin du mois de juillet cette année.
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Written by fabdany

septembre 20th, 2009 at 10:52