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World map of afghan refugees

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While doing research about migrations of people from Afghanistan, I came up with that map. I thought it would be of interest to share it.

The map is in french.

1 Photo, 1 Histoire #19 : La route vers la déchéance

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Contexte : Dans une chambre d’une des pensions clandestines accueillant les migrants afghans à Athènes.

Migrants afghans devenus héroïnomanes en Grèce, en train de se droguer.

Préparation pour fumer de l

Pendant le mois de décembre, lors de mon séjour en Grèce, j’ai eu l;a chance de pouvoir pénétrer dans une des pensions clandestines dans lesquelles certains migrants afghans séjournent quand ils passent par Athènes. Le lieu est en fait un appartement loué par un afghan qui sous-loue ensuite aux gens de passage. La vie est organisée de manière à maximiser la place dans l’appartement. Au moment où je suis passé dans cette pension, une soixantaine de personnes (hommes seuls, familles avec enfants) occupaient deux etages d’un petit immeuble (pour 150 mètres carrés environ).

Une des chambres de cette pension était exclusivement occupée par des hommes jeunes, entre 18 et 25 ans, qui étaient tombés dans la consommation d’héroïne depuis leur arrivée en Grèce. L’héroïne n’est apparemment pas très chère à Athènes, et se trouver très facilement, surtout dans le quartier d’Omonia. où les consommateurs grecs peuvent être vus en pleine défonce dans la rue.

Grâce au « gérant » de la pension clandestine, j’ai pu pénétrer dans cette chambre des héroïnomanes. Le gérant voulait absolument me faire connaître toute la misère que rencontrent les afghans quand ils passent par la Grèce. Une fois dans la chambre, le « gérant » a poussé les jeunes à me raconter leur histoire, à me raconter comment ils étaient tombé dans la consommation d’héroïne. Tous m’ont dit que c’est en Grèce qu’ils sont devenus accrocs, alors qu’ils n’y avaient jamais touché avant. Un des plus âgés d’entre eux avait bien gouté une fois à l’opium alors qu’il était en Iran, mais strictement tous étaient devenus des accrocs depuis leur arrivée en Grèce. La vie peut être d’une ironie crasse quand on sait que l’Afghanistan est le premier producteur mondial de pavot, la matière première qui sert à produire l’opium puis l’héroïne. L’ironie peut aller encore plus loin, puisque la production a fortement réaugmenté depuis 2001, c’est à dire depuis que les Etats-Unis sont présents en Afghanistan. La CIA a même été la complice passive du trafic d’héroïne vers les pays occidentaux pendant la guerre contre les Russes, puisque les chefs de guerre comme Gulbuddin Hekmatyar, alliés des Etats-Unis contre les soviétiques, trafiquaient l’héroïne pour financer leurs combats. Mais je m’égare un peu et ceci est une autre histoire.

Alors que j’étais assis dans cette chambre à écouter des jeunes hommes dont l’apparence avait été transformée par la consommation d’héroïne, je n’étais pas vraiment rassuré par la situation. Heureusement, ce manque d’assurance s’est atténué quand j’ai vu que d’autres hommes de la maison, non-consommateurs, nous avaient rejoint dans la chambre pour écouter les histoires que l’on me racontait. Pour des gens qui n’ont pas d’argent, je trouvais étonnant qu’ils fument cette drogue, mais comme souvent dans le cas des drogues dures, les consommateurs deviennent également des dealers à la petite semaine pour se permettre de payer leur consommation. Et à mesure que nous avancions dans la discussion, et qu’eux avancaient dans le manque, ils se sont mis à fumer devant moi, un peu comme pour me montrer dans quel état ils se mettaient. Déposant un peu de brown sugar sur un bout de papier d’alu, ils le réchauffaient à l’aide d’un morceau de papier torsadé afin d’en aspirer les vapeurs, comme c’est le cas sur cette photo. Après quelques dizaines de minutes, et peut-être autant de bouffées, leurs voix et leurs accents se sont faits plus incompréhensibles pour moi. Ils étaient en train de partir dans leur paradis artificiel qui leur permet d’oublier la difficulté et la déchéance de leur vie en Grèce. Attirés par un monde meilleur loin de la guerre, ils se retrouvent dans un pays qui ne leur offre quasiment aucun espoir d’obtenir des papiers. Enclavée géographiquement par rapport au reste de l’Europe, le passage vers l’Occident devient encore plus difficile. La police grecque ne fait pas de quartiers avec eux, les traite de manière inhumaine quasi-systématiquement (peut-être pour les dégouter de rester dans les pays ?) Et ces jeunes, pour oublier tout ça, se mettent à se droguer… Certains s’en sortiront sûrement s’ils arrivent à partir du pays, mais combien de ces jeunes afghans ont fui un pays en guerre en abandonnant leur famille pour se lancer sur cette route qui les mène parfois à la déchéance ?

Références :

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janvier 20th, 2010 at 12:58

Une journée mouvementée

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Aujourd’hui, sur le port de Patras, la journée a été mouvementée par rapport aux trois jours passés. Les camions étaient beaucoup plus nombreux à embarquer sur des bateaux, et en conséquence, les tentatives de passages ont été encore plus nombreuses.

J’ai passé la journée près des grilles du port à observer le manège et la tragédie qui se joue tous les jours à Patras. Les tentatives pour se mettre sous un camion ou dans une remorque suivent les heures de départ des bateaux, qui s’étalent entre 14 h et minuit. Les camions sont présents une ou plusieurs heures avant leur départ, et se parquent en file indienne près du bateau dans lequel ils vont monter. Les migrants afghans passent par dessus les barrières du port, garnies de barbelés. A certains endroits, le passage est plus aisé que d’autres. Il se joue ensuite un jeu à mi-chemin entre le cache-cache et le chat et la souris. Malheureusement, ce jeu n’est absolument pas drôle à regarder, mais il retourne le coeur.

Une fois à l’intérieur de l’enceinte du port, les afghans courent, se cachent derrière un muret, dans un recoin, avant d’atteindre le camion qu’ils ont repéré depuis l‘extérieur. Certains modèles de remorques permettent de se glisser dessous, alors que d’autres ne disposent pas d’endroits où tenir pendant plus de 20 heures. Une fois à l’intérieur de l‘enceinte, tout est affaire de chance. Si personne ne remarque, le clandestin se glisse sous un camion, parfois avec une ou deux planches de bois pour s’aménager une place. Il faudra ensuite qu’il ait encore plus de chances pour passer les contrôles de police avant l’embarquement. Si il est découvert en pleine journée, les policiers le font sortir en l’insultant. S’il est découvert en pleine nuit, il existe de fortes probabilités pour qu’il soit sorti à coups de matraques et de coups de pied, puisque la noirceur de la nuit diminue le nombre de témoins potentiels.

Dans l’enceinte, les policiers patrouillent à partir de midi. S’ils voient des migrants, ils les poursuivent en voiture, en moto, à pied ou en scooter; toujours en les insultant. Les migrants ressortent généralement par où ils sont rentrés, quasiment jamais par la grande porte.

J’ai vu des hommes entre 16 et 30 ans tenter le passage plus de 5 fois aujourd’hui. Après plusieurs heures passées à aller d’un bout à l’autre du port, j’apprends qu’un afghan et un iranien avec qui j’avais sympathisé depuis quelques jours ont réussi à se trouver une place sous un camion. En ce moment même, ils sont toujours sous une remorque. Nous verrons bien demain s’ils téléphonent à leurs amis ici pour leur dire s’ils sont bien arrivés ou s’ils vont être renvoyés. J’ai ainsi revu un garçon aujourd’hui qui avait réussi à embarquer pour l’Italie. Il est arrivé jusqu’à Bari. Depuis sa cachette sous une remorque, il avait compris qu’il était en arrivé en Italie car son téléphone était passé du réseau Vodafone grec au réseau Vodafone italien. Malheureusement pour lui, il s’est fait attraper par la police italienne avant de pouvoir sortir de l’enceinte du port de Bari, et a été renvoyé en Grèce dans le même bateau que celui dans lequel il venait de faire la traversée. Au lieu de voyager en soute, il a voyagé enfermé dans une cabine et a passé plus de 20 heures sans manger ni boire. De retour en Grèce, il est pris en charge par la police qui le garde quelques heures puis le relache. Les histoires comme celles-ci, j’en ai vu plusieurs en une semaine, et j’en ai entendu beaucoup d’autres similaires.

La police grecque m’a également repéré en train de trainer autour du port, et a cherché à savoir ce que je faisais. Mais je n’avais pas l’impression d’être dans un pays européen : à trois reprises, un policer à moto s’approche de la grille, et au lieu de saluer et de poser ses questions de manière « posée », il s’adresse à moi littéralement en me gueulant dessus, juste pour me demander qui je suis en ce que je fais. Comme je ne comprends pas ses questions, je préfère lui tourner ledos (je sais qu’une barrière nous sépare et qu’il ne peut pas quitter le poste qui lui a été assigné dans l’enceinte), et repartir de l’autre côté de l’avenue qui longe le port. Les afghans me traduiront ensuite ce qu’il a dit.

Avec cette expérience de la police grecque, je comprends facilement la défiance des grecs vis-à-vis de leur police ainsi que les émeutes qui ont éclaté dans le pays.

Written by admin

décembre 9th, 2009 at 9:57