Archive for the ‘émigrés’ tag
Une photo, une histoire #25 : Retraités et dominos
Contexte : Club de dominos sur la Calle Ocho à Miami, un dimanche d’hiver.
Je me balladais un dimanche après-midi dans Little Havana, le quartier historique où s’étaient implantés les cubains arrivés en Floride après la prise du pouvoir par Fidel Castro à Cuba. Le quartier de la Petite Havane est principalement situé autour de la 8ème rue, qui est maintenant appelée par son nom espagnol de Calle Ocho. De fait, avec le nombre d’émigrés de Cuba et de toute l’Amérique du Sud installés à Miami, l’espagnol est la seconde langue parlée en Floride. Dans certains quartiers, comme à Little Havana, c’est même la première langue. La vie ressemble d’ailleurs à la vie dans les pays sud-américains, si ce n’était l’architecture et l’urbanisme qui rappellent bien qu’on est aux Etats-Unis.
Descendant la calle Ocho, je remarquais un petit parc sous des arbres d’où provenait un bruit inhabituel. Clic, clic, clac, du plastique qui heurte du plastique. Des discussions animées en espagnol. Je passais la porte du parc pour me retrouver dans un club de dominos. Cet endroit, appelé Domino Park, ne me mis pas à l’aise quand je vis une pancarte près de l’entrée. L’accès était censé être réservé aux plus de 55 ans. Quand je voyais les tables, je compris que les règles faisaient référence aux joueurs de dominos, qui avaient tous les cheveux blancs et avaient vécu l’exil.
Autour d’une quinzaine de tables, spécialement conçues pour jouer aux dominos, de cubains étaient assis et jouaient des parties animées. 4 personnes par table, un gros paquet de dominos, une feuille et un crayon pour noter les scores, et des spectateurs attendant leur tour tout en commentant l’actualité cubaine et la condition des migrants cubains. Je restais un moment fasciné par le bruit des dominos claquant sur la table et les éclats de voix en espagnol, j’étais transporté dans un autre pays, 150 kilomètres au sud de l’oncle Sam. Je profitais de mon voyage virtuel à Cuba pour vous ramener cette photo.
Une photo, une histoire # 15 : La Turquie en région parisienne
Contexte : Une cérémonie de fiancailles dans la communauté turque de France, en région parisienne.
Mon apprentissage de la langue turque passant aussi par l’imprégnation de la langue et de la culture, j’avais alors décidé de passer du temps aux alentours de la rue du Faubourg Saint-Denis, qui ressemble au Quartier Général des émigrés de Turquie en région parisienne. Dans quelques rues autour de la mairie du Xème arrondissement, de nombreuxcommercants turcs se sont installés : restaurants, maisons de thé, boucheries, épiceries et magasins de musique. Je me suis lié d’amitié avec le gérant d’un des resturants, à force d’aller déjeuner dans son établissement et discuter en mauvais turc avec lui. Un jour, alors que je passais le voir,il m’a invité à la cérémonie de fiancailles d’un de ses neveux.
J’avais une adresse en banlieue nord, que j’atteignais un vendredi soir après un long chemin en RER puis en bus. En arrivant à l’adresse indiquée, un changement de monde s’opère. Je me présente à la porte de la salle car mon hôte n’est pas encore arrivé. Un autre de ses neveux, un peu surpris de me voir invité, lui passe un coup de fil pour s’assurer que je ne raconte pas n’importe quoi. Le sésame est donné et je rentre alors dans une salle qui pourrait très bien être située dans l’est de la Turquie. Cette salle appartient à des turcs qui la louent pour des évènements de la communauté. La décoration me rappelle ce que j’ai pu voir au nord-ouest de l’Iran ou dans l’est de la Turquie quand j’y ai voyagé en 2008.
Les invités arrivent par familles entières jusqu’à ce que la salle contienne plusieurs centaines de personnes. Arrivent en dernier les fiancés qui sont installés seuls à une table sur une estrade et sous un baldaquin. Des musiciens s’installent et commencent à jouer de la
musique traditionnelle. Les invités, en majorité d’origine kurde, se lèvent et entament des danses kurdes. Chacun tient son voisin par les doigts d’une main, et une grande ronde se forme. Le premier de la ronde danse avec un mouchoir coloré en main et entraine les suivants dans des petits mouvements de pieds enflammés, comme si toute la ronde avait décidé de faire des entrechats. Les danseurs se relaient pour qu’il y ait toujours quelqu’un sur la piste. Pendant les chansons les plus appréciées de l’assistance, 150 à 200 personnes dansent en se tenant les mains.
Par moments, le chanteur descend de sa petite estrade et vient se mettre au milieu de la pièce, il oscille entre les invités et les régale de ses trémolos et de ses regards langoureux. C’est à un de ces moments que je presse sur le déclencheur pour créer cette photo.
Il y a encore d’autres photos des turcs vivant en région parisienne par ici.
| La série Une Photo, Une Histoire, est une série d’histoires courtes illustrées par une seule photo, publiées chaque semaine sur ce blog. Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici. Le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |
Une photo, une histoire #7 : Une défaite au backgammon
Contexte : Une maison de thé tenue par des émigrés de Turquie d’origine Kurde, dans le 10ème arrondissement de Paris.
J’aime me promener dans le petit quartier turc de Paris, coincé entre trois rues à proximité de la mairie du Xème arrondissement. C’est dans cette zone que se trouvent concentrés la plupart des commerces tenus par des turcs, dont la clientèle est majoritairement originaire de Turquie. Souvent de l’est de la Turquie, et d’origine Kurde (mais il ne faut pas le dire trop fort, ça pose certains problèmes d’identité, de politique…)
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