Archive for the ‘france’ tag
Finding back old film
Musée d’Orsay, Paris, originally uploaded by Fabien Dany.
I was trying to get some space in my archives, and as I am terrible at organizing my films, I ended up browsing through them as much as moving the boxes around. So I scanned some of them so they won’t rot in boxes. Here’s this one from around year 2000, taken in Orsay Museum in Paris. The building used to be a railway station, and the big clock’s still there. The film scanner I’m using is a Plustek OpticFilm 7400.
Questions de migrations
Comme je le disais dans mon post précédent, je passe à peine par l’Italie avant de me rendre en Grèce. Ce n’est pas la première fois que je viens en Italie, mais c’est la première fois que j’y viens en plein hiver, dans une ambiance beaucoup plus italienne, puisque les touristes estivaux ne sont pas là. Jusqu’ici, le rapport avec le titre n’est pas très évident. J’y arrive.
Je remarque que beaucoup d’emplois sont occupés par des migrants en provenance du monde indien (Inde, Pakistan, Bangladesh). Les emplois à domicile sont plutôt occupés par des migrantes des pays de l’Est (Roumanie, Géorgie; Bulgarie…). Bien entendu, il y a également en Italie des migrants de beaucoup de pays sources. Parfois une histoire particulière lie une population immigrée à leur pays d’accueil. En France par exemple, ce sont les ex-pays colonisés par la France qui fournissent le plus gros de la main d’oeuvre immigrée (Algérie, Maroc, Tunisie, ex-pays de l’Afrique Occidentale française…). En Italie, la seule migration « historique » que j’ai pu apercevoir vient de l’Erythrée. A un moment de l’histoire, il peut aussi y avoir une raison particulière pour que les migrants soient plus présents dans un pays que dans un autre. Pour l’Italie, on peut citer les équadoriens, qui sont relativement visibles dans la capitale. Rome avaiten effet accueilli de nombreux demandeurs d’asile en provenance de l’Equateur voici quelques décennies. Encore aujourd’hui, les équatoriens qui fuient leur pays viennent en Italie car ils y ont des contacts au sein de leur propre communauté.
Mais je n’arrive toujours pas à m’expliquer la présence si visible des petits marchands ambulants indiens, des réceptionnistes bangladeshis ou d’autres. Je n’ai pas le temps de faire des recherches, mon temps sur internet m’est compté. Je serais toutefois curieux de trouver des documents sur cette question, des études ou autres documents pouvant m’éclairer.
Pour mes lecteurs qui s’interrogent sur le rapport entre les migrations et mon travail de photographe, la réponse est simple. Je travaille depuis quelques temps déjà sur un projet documentaire en lien avec un certain type de migration, celle des afghans. Mes derniers voyages ont été faits dans le but de mieux comprendre la vie que mènent ces forcats de la clandestinité en Europe, et je passe mes journées à parler avec des immigrés et à les interviewer, alors j’ai l’impression que cela déteint quelque peu sur mes préoccupations intellectuelles…
Une photo, une histoire # 15 : La Turquie en région parisienne
Contexte : Une cérémonie de fiancailles dans la communauté turque de France, en région parisienne.
Mon apprentissage de la langue turque passant aussi par l’imprégnation de la langue et de la culture, j’avais alors décidé de passer du temps aux alentours de la rue du Faubourg Saint-Denis, qui ressemble au Quartier Général des émigrés de Turquie en région parisienne. Dans quelques rues autour de la mairie du Xème arrondissement, de nombreuxcommercants turcs se sont installés : restaurants, maisons de thé, boucheries, épiceries et magasins de musique. Je me suis lié d’amitié avec le gérant d’un des resturants, à force d’aller déjeuner dans son établissement et discuter en mauvais turc avec lui. Un jour, alors que je passais le voir,il m’a invité à la cérémonie de fiancailles d’un de ses neveux.
J’avais une adresse en banlieue nord, que j’atteignais un vendredi soir après un long chemin en RER puis en bus. En arrivant à l’adresse indiquée, un changement de monde s’opère. Je me présente à la porte de la salle car mon hôte n’est pas encore arrivé. Un autre de ses neveux, un peu surpris de me voir invité, lui passe un coup de fil pour s’assurer que je ne raconte pas n’importe quoi. Le sésame est donné et je rentre alors dans une salle qui pourrait très bien être située dans l’est de la Turquie. Cette salle appartient à des turcs qui la louent pour des évènements de la communauté. La décoration me rappelle ce que j’ai pu voir au nord-ouest de l’Iran ou dans l’est de la Turquie quand j’y ai voyagé en 2008.
Les invités arrivent par familles entières jusqu’à ce que la salle contienne plusieurs centaines de personnes. Arrivent en dernier les fiancés qui sont installés seuls à une table sur une estrade et sous un baldaquin. Des musiciens s’installent et commencent à jouer de la
musique traditionnelle. Les invités, en majorité d’origine kurde, se lèvent et entament des danses kurdes. Chacun tient son voisin par les doigts d’une main, et une grande ronde se forme. Le premier de la ronde danse avec un mouchoir coloré en main et entraine les suivants dans des petits mouvements de pieds enflammés, comme si toute la ronde avait décidé de faire des entrechats. Les danseurs se relaient pour qu’il y ait toujours quelqu’un sur la piste. Pendant les chansons les plus appréciées de l’assistance, 150 à 200 personnes dansent en se tenant les mains.
Par moments, le chanteur descend de sa petite estrade et vient se mettre au milieu de la pièce, il oscille entre les invités et les régale de ses trémolos et de ses regards langoureux. C’est à un de ces moments que je presse sur le déclencheur pour créer cette photo.
Il y a encore d’autres photos des turcs vivant en région parisienne par ici.
| La série Une Photo, Une Histoire, est une série d’histoires courtes illustrées par une seule photo, publiées chaque semaine sur ce blog. Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici. Le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |
Une photo, une histoire#10 : Sans Dessus Dessous
Contexte : Un matin d’automne 2008, au bord du Canal Saint-Martin à Paris.
J’étais sorti tôt un dimanche matin pour aller prendre des photos dans Paris et profiter de la lumière matinale. Sans objectif précis, juste pour jouer avec la lumière. Depuis la place Stalingrad, je redescendais le canal Saint-Martin. Je ne me souviens plus pourquoi j’avais choisir cet endroit de Paris. Peut-être parce que j’y habitais un an auparavant et que je voulais simplement retourner voir si quelque chose avait changé.
Il me semble que rien n’avait changé. L’eau coulait toujours dans les écluses du canal, et les arbres qui le bordent étendaient leurs branches vers l’autre rive, comme s’ils voulaient se rejoindre pour former une voute.
A cet endroit précis, le canal fait un coude et s’élargit. Depuis la rive orientale du canal, j’apercevais en face ce couple allongé sur le muret qui borde le canal. Je trouvais la scène photogénique et commencais à chercher le meilleur angle pour la photographier. Une passerelle enjambe l’eau à cet endroit, alors je la grimpe pour avoir un point de vue plus intéressant, plongeant sur ce couple équilibriste qui fait la sieste si tôt le matin. Je déclenche une fois et une deuxième. Je m’aperçois que ces deux jeunes gens ne font pas une sieste ordinaire.
Ils me paraissent dans un état très instable. Ils bougent dans leur demi-sommeil et l’un ou l’autre manquent plusieurs fois de tomber à l’eau en se retournant dans leur sommeil. Puisque c’est dimanche matin et qu’il est encore très tôt, je pense que ce couple sortait plutôt d’une soirée qui avait duré jusqu’au petit matin et, épuisé, s’accorde un petit somme faute de pouvoir trouver le chemin du lit. Leur comportement est désordonné, ils doivent encore être saouls de leur fête de la veille. Je les observe un moment en continuant à prendre quelques photos. La cuite a l’air sévère pour tous les deux. Je range mon appareil photo, mais reste encore un moment sur le pont, inquiet d’en voir glisser un à l’eau sans pouvoir s’en sortir rapidement.
Finalement, ils sortent de leur sommeil comateux. Ils ont dû récupérer un peu. Ils ont finalement réussi à se lever tant bien que mal et à prendre un chemin que j’ai supposé être celui du retour, vers le métro, vers le train ou tout simplement vers leur lit.
La scène était à la fois drôle et pleine de suspense : « Quelle cuite ! Vont-ils tomber à l’eau ? » Le photographe a souvent le rôle d’un voyeur, et cela se fait encore plus vrai dans la photographie de rue. Mais l’instant qui restera gravé à jamais est à l’image de cette fin de nuit qui a dû être mémorable pour eux : Sans Dessus Dessous.
| Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici.
Dans la série Une Photo, Une Histoire, le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |
Une photo, une histoire #7 : Une défaite au backgammon
Contexte : Une maison de thé tenue par des émigrés de Turquie d’origine Kurde, dans le 10ème arrondissement de Paris.
J’aime me promener dans le petit quartier turc de Paris, coincé entre trois rues à proximité de la mairie du Xème arrondissement. C’est dans cette zone que se trouvent concentrés la plupart des commerces tenus par des turcs, dont la clientèle est majoritairement originaire de Turquie. Souvent de l’est de la Turquie, et d’origine Kurde (mais il ne faut pas le dire trop fort, ça pose certains problèmes d’identité, de politique…)
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Initiatives et intérêts français envers Téhéran
Les initiatives unilatérales françaises reprennent envers Téhéran, avec la visite de Jean-Claude Cousseran, un diplomate chevronné du Quai d’Orsay, le mercredi 20 juin. M. Cousseran s’est entretenu avec Manouchehr Mottaki, ministre des Affaires ètrangères de l’Iran, au sujet de la situation au Liban. A cette occasion, M. Mottaki a déclaré que « la stabilité et la sécurité du Liban sont d’une importance essentielle pour l’Iran [1]». Le 26 juin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Mohammad-Ali Hosseini, déclare que « la poursuite de discussions [entre la France et l’Iran] créent un terrain approprié pour l’établissement de la stabilité régionale et la prévention des crises [2] ».
Une telle initiative unilatérale de la France avait déjà été prévue et avait suscité une polémique en janvier de cette année. Alors que Bernard Kouchner déclarait dimanche dernier à l’occasion de la visite de Condoleezza Rice : « Plus nous travaillerons ensemble, mieux ce sera », cette initiative unilatérale du Quai d’Orsay à Téhéran permet de pointer une fois de plus les incohérences françaises au Moyen-Orient. Alain Gresh, au mois de janvier 2007, soulignait déjà ces incohérences : Paris engage un dialogue avec Téhéran et refuse le contact avec Damas ; le Quai d’Orsay utilise le nucléaire iranien pour se rapprocher de Washington et fait ensuite cavalier seul ; enfin, la stratégie américaine en Irak, qui pousse à l’affrontement avec l’Iran, est contraire aux intérêts de la France.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a approuvé l’initiative française concernant la crise au Liban. Derrière le règlement de la crise au Liban se profile la protection des intérêts français en Iran. En effet, les entreprises européennes, et françaises en particulier, profitant de l’absence des entreprises américaines depuis 1980, ont signé de nombreux contrats en Iran depuis les années 1990. Depuis cette époque, 20 à 25 milliards d’euros auraient été investis par des entreprises françaises en Iran[3].
Les banques françaises, BNP et Société Générale en tête, représentent un quart de tous les crédits consentis au gouvernement de Téhéran jusqu’en mars 2006. Total a investi 1,65 milliards d’euros sur quatre projets d’exploration et de production en Iran. Peugeot fournit les pièces détachées des 206 et 405 produites en Iran par Iran Khodro (275 véhicules produit en 2005). Citroën livre des Xantia assemblées localement par Saipa depuis 2001. Renault est aussi présent en Iran, et vend depuis mars 2007 la Tondar-90, version locale de la Logan, produite en partenariat avec Pars Khodro, une filiale de la Saipa. Enfin, Alcatel a signé un contrat en 2004 portant sur l’installation de 100 000 connections internet à haut débit.
Les intérêts français en Iran portent sur des montants importants, et l’initiative diplomatique unilatérale du Quai d’Orsay envers Téhéran pose plusieurs questions. La préparation de la conférence à Paris est destinée à régler la crise libanaise, dans laquelle Téhéran peut peser sur son allié, le Hezbollah libanais. Mais que pourrait offrir Paris en échange d’une coopération des Iraniens au Liban ? Les options sont peu nombreuses. La France pourrait reconnaitre l’Iran en tant que puissance régionale. L’autre possibilité serait que la France reconnaisse à Téhéran le droit de poursuivre son programme nucléaire ou puisse même l’aider à le faire (comme cela avait été proposé début octobre 2006, lorsque l’Iran avait proposé à la France qu’elle contrôle l’enrichissement de l’uranium, en créant un consortium avec Eurodif et Areva pour enrichir de l’uranium sur le sol iranien. Paris avait rejeté la proposition[4]). Cette option semblerait être celle qui a la préférence des dirigeants iraniens, à en juger par leur insistance depuis plusieurs années à se voir reconnaitre leur droit à développer un secteur nucléaire civil. La France, en prenant cette initiative diplomatique envers Téhéran, pourrait se retrouver dans une position bien délicate vis-à-vis de l’Iran. Comment participer à une politique de sanctions internationales alors que cette position menace l’intérêt économique français en Iran ? Cette question pourrait devenir épineuse dans la poursuite des objectifs de messieurs Sarkozy et Kouchner au Moyen-Orient.
Notes :
[1] : Manouchehr Mottaki : la stabilité du Liban constitue une sécurité importante pour l’Iran, Islamic Republic News Agency, Tehran, 21 juin 2007.
[2] : Iran, France enjoy potential to settle regional crises, Islamic Republic News Agency, Tehran, 26 juin 2007.
[3] : « Les bonnes affaires de la france en Iran », Yves Mamou, Le Monde, 3 novembre 2006.
[4] : Téhéran propose à la France d’enrichir de l’uranium en Iran, Paris écarte l’offre, RFI Actualités, 3 octobre 2006.
Article originellement publié sur AgoraVox.fr le 28 juin 2007






