Archive for the ‘paysage’ tag
Une photo, une histoire #20: Monte Alban
Contexte : Au sommet d’une des pyramides de Monte Alban, site archéologique zapotèque à proximité de la ville d’Oaxaca, Mexique.
De retour dans la grisaille parisienne, j’avais envie d’un peu de soleil ; c’est pour cette raison que j’ai choisi cette photo de Monte Alban.
Monte Alban est un site archeologique zapoteque, situé à une dizaine de kilomètres d’Oaxaca, dans le sud du Mexique. Le site a la particularité d’être construit au sommet d’une colline, arasée par la main de l’homme, qui surplombe de 400 m trois vallées qui l’entourent, à plus de 1940 m au dessus du niveau de la mer. Occupé entre 500 av. J.-C. et 800 ap. J.-C. le site a ensuite été abandonné. Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1987, le site peut maintenant être visité facilement depuis Oaxaca.
J’étais au Mexique en 2001 pour un échange universitaire, et nous avions décidé, avec deux compères, de mettre à profit notre temps libre avant dedevoir rentrer en France pour visiter le sud du Mexique. Nous étions passés par le Yucatan, puis le Chiapas avant d’arriver en Oaxaca.
Puisqu’il n’est pas possible de considérer une visite touristique à Oaxaca complète sans avoir vu Monte Alban, nous avons voulu y venir. Mais pas en prenant un bus ou un taxi qui nous amènerait directement au site. Puisque Monte Alban était un centre religieux en haut d’une montagne, et parce que nous n’aimions pas la facilité, nous avons pris la méthode la plus courageuse (et aussi la moins chère pour les étudiants que nous étions). Un colectivo (les transports en commun mexicains) nous amènerait en banlieue d’Oaxaca, au pied de la montagne, et nous finirions les 3 ou 4 kilomètres d’ascencion à pied. Le temps étqit clément et ensoleillé, même si nous étions en plein mois de décembre. Nous avons donc laissé le bus puis entamé cette montée qui a du nous prendre une bonne heure. La pente était raide, mais la chaleur ne nous assomait pas. Le soleil du matin n’était pas encore chaud. Nous étions les seuls à faire la montée à pied, et quelques minibus de touristes nous ont dépassé en nous faisant respirer leur poussière.
Arrivés au sommet de la colline, nous sommes rentrés dans le site archéologique qui nous a offert un spectacle à couper le souffle. La colline est située au point de rencontre de trois vallées et la vue depuis les constructions pré-colombiennes était éPoustouflante. Nous surplombions les vallées depuis les hauteurs, le ciel était d’un bleu profond et cosmique. Depuis la plateforme sud d’où a été prise cette photo, nous contemplions les restes d’une civilisation éteinte, qui ne connaissait pas la roue mais avait eu la force d’araser le sommet de cette colline pour en faire sa capitale.
Devant ce spectacle du bleu du ciel, du jaune de l’herbe en pleine saison sèche et de la force d’esprit de l’humanité qui nous a précédé, nous ne pouvions que rester muet devant un paysage si grandiose…
| La série Une Photo, Une Histoire, est une série d’histoires courtes illustrées par une seule photo, publiées chaque semaine sur ce blog. Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici. Le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |
1 photo, 1 histoire #12 : Les tours du Silence
Contexte : Yazd, été 2005. En compagnie d’un groupe de routards rencontrés à l’hôtel : un flamand, un anglais et un couple d’australiens.
En juin 2005, je passais durant quelques jours à Yazd, une des villes iraniennes situées en bordure d’un des grands déserts du pays. La ville est connue en Iran pour deux choses : sa proximité avec le désert et la communauté zoroastrienne qui y habite. Le zoroastrisme est la religion antique de l’Iran, mais depuis l’arrivée de l’Islam, ses pratiquants ont diminué jusqu’à n’être plus que 40 000 environ dans tout le pays, soit moins de 0,1 % de la population.
J’étais arrivé en ville le matin, après une nuit dans le bus depuis Shiraz, de l’autre côté des monts Zagros. J’avais trouvé un hôtel de routard juste en centre ville. Le patron est un jeune homme qui est aussi étudiant en sociologie. Il acccueille avec un grand plaisir des voyageurs du monde entier, et c’est comme ça que je m’étais retrouvé en compagnie d’un flamand, d’un anglais et d’un couple d’australiens. Tous s’étaient lancés sur la route entre l’Europe et l’Inde ou inversement. Nous nous retrouvons à discuter de notre voyage en Iran, de notre séjour à Yazd. Il s’avère qu’aucun d’entre eux ne parle vraiment persan et qu’ils en souffrent parfois dans leur condition de touristes au pays des mille et une nuit. Nous venons tous d’arriver dans la ville depuis quelques heures ou quelques jours, et chacun de nous à envie de voir les fameuses tours du Silence, un lieu bien spécifique aux pratiques funéraires zoroastriennes. C’est dans ces tours que sont déposés les ossements des morts zoroastriens jusqu’à ce que la chair disparaisse grâce aux oiseaux charognards et aux éléments climatiques.
Nous décidons d’aller voir ces tours tous ensemble, c’est le moyen de trouver des compagnons aux mêmes centres d’intérêts et de partager les dépenses de transport. Les tours sont à l’extérieur de la ville. Nous roulons depuis le centre ville vers les faubourgs. Les rues se font plus larges, l’habitat plus clairsemé. Et puis, d’un coup, au détour d’un virage, le désert, ses collines et ses montagnes apparaissent. Le chauffeur s’arrête et nous montre les buttes qui se dressent devant nous, surmontées d’une sorte de muret ciruclaire. Les tours du silence zoroastrienne de Yazd sont là. Il ne nous reste plus qu’à gravir le chemin qui mène jusqu’à ce lieu de sépulture tout particulier. Arrivé à cette tour, on peut y pénétrer puisque le lieu n’est plus utilisé. Nous y rejoignons un groupe d’étudiantes iraniennes accompagnées de leur professeur, et les discussions commencent rapidement. Nous sommes assaillis de questions, et grâce à l’anglais du professeur et à mon persan, nous réussissons à passer une heure à échanger des points de vue sur différences de la vie dans les pays occidentaux et en Iran.
Nous repartirons vers l’hôtel avec le coucher de soleil en laissant derrière nous les nombreux morts zoroastriens qui n’ont laissé comme trace de leur présence que ces imposantes tours du silence.
| Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici.
Dans la série Une Photo, Une Histoire, le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |
1 photo, 1 histoire # 11 : Sur la route
Contexte : Sur la route 40 quelque part entre San Carlos de Bariloche et El Bolson. Mon frère est au volant, je suis passager.
Un matin froid d’hiver austral, le brouillard enferme les vallées sous sa cape. Nous avions pris notre départ de San Carlos de Bariloche le matin même pour rejoindre finalement Puerto Madryn. En voiture, dans un road-trip qui nous ferait traverser la Patagonie d’ouest en est. Faire une partie de route sur la panaméricaine, pendant l’hiver et au milieu de la Patagonie relève de ses idées qui germent un jour dans l’esprit et dont on se dit : « Je ne sais pas quand ni comment, mais je vais le faire un de ces quatre ». Plusieurs années plus tard, tu te retrouves en train de prendre les clés d’une voiture de location à San Carlos de Bariloche. Et tu dois la rendre dans une semaine. Entière de préférence. Même si ce n’est qu’un morceau de route, une peur sournoise s’installe pendant un instant. Parce que tu sais que la route n’est pas goudronnée tout le temps. Parce qu’on t’a dit de faire le plein à chaque fois que tu vois une station essence. Parce que, parce que on ne sait jamais ce qui pourrait arriver…
La minute d’après, tu es sur la route. Et quoi qu’il se passe, tant que ça ne te tue pas, l’expérience sera toujours bonne à prendre.
Pour sortir de San Carlos de Bariloche, il faut serpenter entre montagnes et lacs glaciaires. La confiance vient après quelques kilomètres de route. Le thermos, qui jusque là dormait aux pieds du passager est mis à contribution pour préparer le permier maté de la journée. La chaleur de la calebasse nous réchauffe mais le brouillard reste autour de nous. Par moments, le paysage se laisse entrevoir. Au détour d’un virage, le voile se lève. Des montagnes pelées. Tout autour de nous. Au bout de quelques dizaines de kilomètres, la visibilité est meilleure, nous voyons à quelques centaines de mètres. Mais notre seul horizon reste une cape blanche qui nous cache le soleil. L’étape est courte aujourd’hui, nous avons prévu de nous arrêter à El Bolson, une centaine de kilomètres plus loin.
A la fin de la matinée, nous sortons d’un enchainement de vallées et de cols pour déboucher sur une étendue plus plane, plus dégagée. Le soleil est asssez haut pour percer le brouillard en le réchauffant. Cette image a été prise au moment où le soleil gagnait la partie contre le brouillard. Mais le froid serait finalement le plus fort ce jour d’hiver austral et le brouillard réapparaitrait quelques heures après, pendant notre pause déjeuner au milieu des andes de Patagonie.
D’autres images de l’Argentine ? c’est par par là…
| Un tirage de cette photographie peut-être acheté directement ici.
Dans la série Une Photo, Une Histoire, le nombre de tirages de chaque photographie est limité à 25 exemplaires, signés et numérotés. |





