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Une photo, une histoire # 27 : Des cibles bien identifiées ?

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Contexte : Patras, en marge des manifestations célébrant le premier anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos, 6 décembre 2009.

Façade de banque après le passage des activistes anarchistes.

Façade de banque après le passage des activistes anarchistes.

Les évènements récents qui ont secoué la Grèce, les manifestations, les bombes posées par les anarchistes, la mort d’un réfugié afghan de 15 ans, par erreur, m’ont rappelé les scènes auxquelles j’avais assisté en décembre 2009 à Patras et à Athènes. Une occasion de ressortir une photo d’archives pour se remémorer la situation en Grèce.

Le 22 mars 2009, trois bombes explosent dans Athènes, revendiquées par la « Conspiration des Cellules de Feu ». Elles visent le siège d’un groupe néo-nazi, le domicile d’un responsable pakistanais et un centre de la police des étrangers. Le groupe anarchiste entend ainsi dénoncer le débat en cours sur l’immigration. Lors de mon voyage en Grèce afin de travailler sur la question des migrants afghans, j’avais déjà eu l’occasion de sentir ces tensions autour de l’immigration. Les groupes néo-nazis la combattent, parfois violemment. Les policiers n’acquittent que leur mission de répression. Les migrants sont parfois pris au piège de la Grèce et du règlement Dublin II. Ajoutez à cela le contexte d’une crise globale, d’effets désastreux sur l’économie grecque et voilà réunis les conditions de l’agitation et des grèves qui secouent la Grèce depuis quelques semaines.

Les groupes anarchistes grecs semblent organisés depuis un bon moment et j’avais été surpris de voir leur capacité d’opposition aux forces de police. Lors de la manifestation à Patras célébrant le premier anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos, le 6 décembre 2009, je m’étais retrouvé par hasard sur le passage du cortège, accompagné des afghans que je suivais alors. Leur premier réflexe fut de prévoir la casse et l’arrivée de la police puis de regagner leurs pénates dès que les pierres ont commencé à pleuvoir sur le bureau de poste voisin. Je restais pour suivre les manifestants, dont une bonne partie étaient de tendance anarchiste et portaient les insignes rouge et noir de leurs convictions politiques.

Une fois la colère du groupe déclarée, toute les institutions financières de l’avenue traversée par la manifestation ont été prises pour cibles. Le chaos était organisé puisque certains s’occupaient de récupérer du matériel urbain, de trouver des projectiles en détruisant les trottoirs pendant que d’autres se chargeaient d’utiliser ces armes contre les façades des banques ou les distributeurs de billets. Aucun vol n’a eu lieu d’après ce que j’ai vu, juste une volonté d’incapaciter les banques et de rendre plus difficiles leurs opérations. Après quelques dizaines de minutes de frénésie et quelques cocktails molotovs lancés, les sirènes des pompiers et de la police commencent à se faire entendre dans la ville. Le noyau des manifestants anarchistes se retranche vers le grand immeuble squatté et bardé de banderoles revendicatrices en centre ville, certains ayant pris soin d’enflammer des poubelles au milieu des rues alentours. Le plus étonnant dans ces scènes était sans doute l’attitude des autres habitants, qui semblaient habitués à ce genre de débordements. En attendant l’arrivée des pompiers, une femme avait pris son tuyau d’arrosage et essayait d’éteindre la poubelle brûlant trois étages sous son balcon.

Aujourd’hui la situation en Grèce se fait plus tendue. La colère monte dans toutes les couches de la population, chez les fonctionnaires, chez les retraités. Chez les militants anarchistes et chez les jeunes. Selon un photojournaliste anglais basé à Thessalonique,  « A côté des grèves et des manifestations publiques, il y a aussi la crainte que l’agitation sociale montante ne déclenche une répétition de la révolte prolongée un mois durant qui a balayé le pays en décembre dernier à la suite de la mort d’un adolescent, qui aurait été abattu par la police au centre d’Athènes ».

Plus d’infos sur les émeutes de 2008 en Grèce ? Par ici.

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avril 5th, 2010 at 1:35

Pense-bête pour se souvenir

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Lors de mon séjour en Grèce, je tombais au milieu des commémorations de la mort du jeune Alexis Grigoropoulos, tué par la police le 6 décembre 2008. Cette mort avait déclenché 3 semaines d’émeutes dans tout le pays.
En souvenir de ces évènements, et pour tous ceux qui s’opposent à la police pour essayer de faire entendre leur voix partout dans le monde, je reproduis ici deux images. Elles ont été réalisées par des grecs qui les ont mises sur des murs d’Athènes en décembre 2008.
Le message qu’elles véhiculent ne change pas, d’année en année.

Sticker grec utilisé pendant les émeutes de décembre 2008

Sticker grec utilisé pendant les émeutes de décembre 2008

Pochoir utilisé en Grèce pendant les émeutes de décembre 2008

Pochoir utilisé en Grèce pendant les émeutes de décembre 2008

Written by admin

décembre 31st, 2009 at 12:49

1 photo, 1 histoire #17 : A la poursuite d’une vie meilleure

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Contexte : Sur le port de Patras, en compagnie des migrants afghans essayant de passer clandestinement en Italie.

K. en train de courir vers le camion qui l'emmènera peut-être en Italie.

K. en train de courir vers le camion qui l'emmènera peut-être en Italie.

Depuis début décembre, j’ai été très occupé et je n’ai pas eu vraiment le temps de continuer la série une photo, une histoire. J’essaie de réparer ça en postant cette photo qui illustre mes posts du mois de décembre.

Dans mes précédents posts, je décrivais les allées et venues sur le port de Patras. J’ai passé la semaine à parler et à photographier les candidats à l’immigration clandestine vers l’Italie. Pour cette photo, je suis de l’autre côté du grillqge du port, à l’extérieur. A mes côtés, plusieurs afghans qui regardent la scène ou donnent des indications à ce jeune homme de 23 ans qui cours vers le camion qui l’emmènera peut-être vers l’Italie. Les migrants et les policiers jouent une espèce de guerre dans laquelle deux camps s’affrontent. Les migrants restés à l’extérieur renseignent ce jeune homme qui court sur la position des policiers ou des chauffeurs de camion afin de lui permettre de se glisser sous les essieux de la remorque.

Moins de 5 secondes après que cette photo ait été prise, K. était caché sous les essieux. Malheureusement pour lui, un chauffeur l’a aperçu et il s’est fait déloger de sa cachette moins de 2 heures plus tard. 3 jours plus tôt, K. avait réussi à se rendre en Italie par le même moyen, mais il avait été découvert lors des contrôles de sécurité lors du débarquement à Bari. Il avait été directement renvoyé en Grèce, sur le même bâteau qui l’avait amené à Bari. Tous les candidats à la migration tentent le passage plusieurs fois par jour. Ils se font découvrir pqr les chauffeurs, les policiers, la sécurité du port…

K. essaiera encore de passer jusqu’à ce qu’il réussisse. Tout est question de chance. Au moins 5 des garçons avec qui j’ai sympathisé cette semaine ont réussi à passer de la même façon et sont arrivés en Italie, sains et saufs, et sans se faire repérer par la police. Leur route sera encore longue jusqu’au pays qu’ils visent, mais ils ont eu suffisament de chance cette fois-ci pour passer un des points les plus difficiles de la route…

Written by admin

décembre 26th, 2009 at 3:48