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Visages de Tunisie
Je vous présente Visages de Tunisie, des souks à la Méditerranée, une série de photos produite en Tunisie en août 2009.
Cette production a été réalisée avec l’outil Soundslides Plus, dont j’ai fait l’acquisition il y a peu. C’est très simple d’utilisation et cela permet de faire des présentations sonores comme celle-ci. L’import des photos est un peu long mais la présentation peut être prête en moins de dix minutes. Ce qui représente un énorme gain de temps par rapport à un outil de montage comme Final cut.
Il ne me reste plus qu’à me mettre un peu plus sérieusement à l’audio pour pouvoir rajouter des bandes-sons encore plus pertinentes.
Une photo vous aplu et vous voulez faire l’acquisition d’un tirage ? Vous pouvez vous rendre sur mes archives pour passer commande.
Une photo, une histoire#9 : Prises de vues interdites
Contexte : Sur les quais de la Goulette, le port de Tunis. Les pêcheurs rentrent à terre à l’aube après une sortie en mer.
Arrivé à Tunis depuis quelques jours déjà, je décidai d’aller au port tôt un matin pour y prendre des photos du retour de la pêche. Je me levai alors à 5h et me mettai en route vers le port de la Goulette avec mes appareils. Après m’être fait , déposer là où embarquent les passagers des ferrys en partance pour la France ou l’Italie, je trouve assez rapidement la direction du port de pêche. J’arrive sur le quai principal d’où déchargent les bâteaux qui reviennent d’une nuit en mer au même moment que certains acheteurs dans leurs camionnettes réfrigérées.
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1, 2, 3 Mondes ?
1, 2, 3 Mondes ?
Un tunisien “d’en bas” rencontré dans un parc m’a dit au détour d’une conversation : « Nous sommes le troisième monde, vous êtes le premier », d’un air extrêmement désolé pour lui et pour son pays. Il s’exprimait en français, qui n’est pas sa langue maternelle. Cette déformation de l’expression “Tiers-Monde” m’a interpellé.
A la base, il me semble que le tiers-monde désignait les pays non-alignés1; les pays qui n’étaient ni du côté des communiste, ni avec les capitalistes. Par extension et par assimilation, c’est maintenant un moyen de désigner les pays pauvres. Mais dans la bouche de ce jeune père, j’ai senti la deception de ne pas être dans la course pour le bien-être. Lui disait qu’il travaillait pour manger ; pas pour s’acheter une maison, pas pour ses loisirs, mais pour manger. Dans sa bouche, l’expression “troisième monde” m’a vraiment fait penser à une competition entre les pays du monde, une compétition qui a besoin de vainqueurs et de vaincus.
Je ne pense pas qu’il y ait un,deux, trois mondes. En fait, il n’y en a qu’un, et nous sommes tous interdépendants.
Quelques jours plus tard, je me promenais sur le site antique de Carthage, en compagnie de “hordes” de touristes entre deux transferts en autobus privés, accompagnés de leur guide. C’est alors qu’un lien s’est fait entre la vision des groupes de touristes et la phrase que j’avais entendue : “Nous sommes le troisième monde, vous êtes le premier”. C’est bien parce que les occidentaux ont besoin de vacances pas chères qu’ils partent chercher le soleil en Tunisie par exemple. Les pays comme la Tunisie ont besoin de devises pour développer leur economie. Pourvu de longues côtes maritimes, d’une relative sécurité et de main d’oeuvre pas chère, le pays a commencé à developper le tourisme comme source de devises. Aujourd’hui, la Tunisie est assez développée pour accueillir des prestations de services intellectuelles “near shore”, pour des entreprises majoritairement francaises (puisque quasiment tout le monde parle français ici). Comme dans de nombreux cas d’anciennes colonies, une domination économique subsiste. L’ex-métropole a toujours un pouvoir économique certain sur son protectorat. C’est, à mon humble avis, le schéma du “troisième monde” tel qu’il existe aujourd’hui. Ce schéma semble adapté à un certain nombre de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie.
Je me demande qui serait le « deuxième monde ».
La réponse m’a été en partie donnée en parlant de l’Iran avec plusieurs personnes rencontrées dans les souks. Depuis la presidence d’Ahmadinejad, j’ai eu l’occasion de voyager dans plusieurs pays musulmans dits “du tiers-monde”. Bien souvent, l’Iran apparait comme le héros des classes populaires dans le monde arabe. Précisement parce que l’Iran se dresse contre les américains et semble être un des seuls pays à résister à la pression. D’autres pays pourraient etre rajoutés à cette liste du deuxième monde : le Venezuela et Cuba.
Notre vision du monde étant toujours très relative, on nous présente l’Iran, le Venezuela ou Cuba comme des pays dont les gouvernements sont des monstres. Ce qui n’est pas tout a fait faux non plus. Mais il faut reconnaitre qu’ils font partie des rares pays à se dresser contre l’impérialisme américain.
En tant que voyageur et humaniste, ce qui me gêne avec cette vision de trois mondes en compétition, c’est qu’on verra toujours des vainqueurs et des vaincus dans un combat pour la plus grande richesse, pour le pouvoir.
Tous les hommes font partie du même monde. La compétition est vaine puisqu’elle se fait toujours au détriment d’un autre. Meme si cette règle semble exister dans le monde depuis très longtemps, un autre modèle existe pourtant.
Pour une societé donnée, deux comportements opposés cohabitent : la societe cherche à la fois a faire survivre tous ses membres, mais aussi à se préserver de la destruction totale en se battant avec son voisin. En des temps très reculés, on assistait donc à des guerres entre deux peuplades voisines qui se battaient pour les ressources afin qu’un des deux peuples survive. C’est toujours le cas aujourd’hui, sauf que tout est devenu beaucoup plus complexe. Les niveaux d’interdépendance entre sociétés et grands ensembles regionaux, culturels sont de plus en plus imbriqués. Cultures occidentales, musulmanes, asiatiques, guerres de religions, guerres pour les ressources naturelles….
Et pendant ce temps, la majorité du monde continue à vouloir consommer de l’inutile, des fausses sandales Prada, des sacs Louis Vuitton ou de l’Abercrombie&Fitch. Nous n’avons pourtant besoin que de nous vêtir, de nous chausser et de nous nourrir, non ? L’étiquette reste pourtant importante pour montrer sa position sociale, malheureusement pour la Pachamama2.
Les perspectives ne sont pas très engageantes. Sauf peut-être si on réussit à considérer que nous sommes tous partie du même monde et que nous devons nous connaitre et nous accepter pour faire face a une menace plus grande encore : la disparition des ressources naturelles sur toute la planète…
Je ne pensais pas arriver a cette conclusion en commencant ce billet. J’ai vu de la publicité à Paris pour la fondation de Nicolas Hulot, il faudrait que j’aille lire ce qu’il propose..
1- a moins que ma memoire ne me fasse defaut, j’irais verifier plus tard et mettrais ce post a jour si besoin
2La terre nourriciere dans la conception du monde de plusieurs cultures latino-americaines.





